Inédite. Collection S. de Lovenjoul
« Nouvelle lettre... sur ce fameux traité des Mémoires par lequel G. S. m'avait forcé de contracter un emprunt de 40 000 francs, et dont elle veut maintenant se dégager.
» Dans l'hiver 1834 à 1835, lors de la rupture avec Alfred de Musset, George Sand (qui joua une comédie dont nous fûmes tous dupes), voulait, disait-elle, se tuer, mais faire ses liémoires avant, ses Mémoires y mais en 4 vol. pour laisser une dot à Solange. Elle fit venir Dutheil, l'avocat de la Châtre, à Paris, pour faire le traité, me forçant à la mener chez un notaire, pour le signer. Une fois signé, et ayant touché 10 000 francs, au lieu de penser à mourir, elle pensa à se consoler dans les bras de Michel de Bourges. De là une intrigue pour me forcer à rompre le traité, de là cette lettre... »
Dans la lettre qui indigne si fort F. Buloz, George le raille précisément, sur cet emprunt qu'il a contracté, pour lui rendre service... Elle affirme : « Le temps a des ailes,... je vous conseille d'y suspendre les énormes intérêts que vous payez pour les 40 000 francs d'emprunt ; je me porte bien. Dieu merci, et nous sommes plus près du 2 décembre que de ma quatre-vingtième année, et je ne veux pas mourir, ne vous déplaise, avant d'avoir été trois fois grand'mère... » On voit combien ce ton est différent de celui des lettres de Venise, alors que, dans sa détresse, elle demandait à son ami un appui et une aide... les choses
ont changé, d'ailleurs elle le dit : c( N'ayant plus de ces dettes criantes, et de ces impérieux besoins d'argent* qui m'eussent fait prendre la lune avec les dents... » elle n'offrira plus à personne, elle y est décidée, a l'occasion de ces générosités, de ces dévouements sublimes, de ces ennuyeux services^... »
Après cela, F. Buloz partit pour Nohant, une explication eut lieu, que suivit une réconciliation.
Le 25 décembre, G. Sand écrivait :
« Je m'étonne que vous ne m'ayez pas donné de vos nouvelles en arrivant à Paris. Cependant, je sais que vous êtes arrivé vivant, présentez tous mes compliments à madame Margarita ^ On m'a dit qu'elle s'appelait ainsi, est-ce vrai? C'est un nom charmant, que je fourrerai dans quelque roman, si elle le permet. J'ai travaillé beaucoup, et Engelwald^ n'est guère plus avancé que vous ne l'avez laissé. J'ai refait presque tout le premier volume. Je pourrais vous l'envoyer, si vous en aviez absolument besoin,
i. Nous ne sommes déjà plus au temps où George écrivait :
Cher Buloz!!!
Le concierge du quai Malaquais ira après-demain vous réclamer cent cinquante-quatre francs. Veuillez être en mesure de les payer.
Je vous adore
comme on adore Dieu.
(Inédite.)