‹ François Buloz et ses amisChapitre 203 sur 212 · Inédite · texte numérisé non relu

Inédite

3. C'est ainsi que G. Sand appelle alors la jeune madame Buloz.

4. Engelwald, dont il sera souvent parlé dans cette correspondance, n'a jamais été publié.

mais j'aimerais mieux Tavoir entre les mains pour faire le second. Vous savez qu'avec mon peu de mémoire, il est souvent fort nécessaire (jue je relise chaque jour ce que j'ai fait la veille, ce qui ne m'empêche pas de répéter, ou d'omettre encore..

L'article sur M. Thiers est fort remarquable, extrêmement vrai, et plein de sens*. J'en avais fait une partie dans ma tête, en lisant riiistuirc de, Thiers, seulement je ne l'aurais pas si bien dit. Qui fait ces lettres sur les hommes d'État? Je ne m'efi souviens plus.

L'article de Sainte-Beuve sur M. Beyle est une des plus charmantes choses que je connaisse. Votre revue est très belle à présent. On dit pourtant que vous allez la mettre aux pieds de M. Guizot. J'espère que c'est un cancan, et que je ne serai pas forcée de quitter si honnête, et si honorable compagnie.

Adieu, vieux. Dutheil et Planet, le Malgache et tutti quanti, même la Rozane, vous disent mille amitiés. Moi, je vous donne une tape, et je vous prie de m'envoyer de l'argent subito. J'ai des gens de loi plein le dos...

D'après cela, les relations se sont sensiblement améliorées : rien ne vaut une honnête explication face à face, — entre amis. A cette lettre F. Buloz répondait le 29 décembre :

A propos de la Bévue, n'écoutez donc pas les cancans'^ que l'on fait Je vous donne ma parole, que

1. Loève-Veiniars, Lettres sur les Hommes d'État de la Frunce, M. Thiers, IV, 15 décembre 1835.

2. On disait que F. Buloz avait vendu la Revue à Guizot. Ë. Mirocourt dans sa notice sur G- Planche l'affirme.

tant que je l'aurai, elle ne sera aux pieds de personne; ni de M. Guizot, ni d'aucun ministre; elle ne sera qu'aux vôtres, illustre reine de France et de Nohant.

Si vous avez lu l'article de Didier, vous aurez vu que la Revue ne peut être aux pieds d'un homme qu'elle traite si durement ^.. Les lettres sur les hommes d'État sont de Loève-Veimars ; nous en aurons une prochaine sur de Broglie, Duprez, etc.

Adieu, mon cher George, tenez-moi au courant de votre procès, j'espère que tout ira bien. Pour moi je vous aime, et ne croirai plus le mal qu'on dira de vous, j'ai appris à vous apprécier.

Tout à vous.

BULOZ

Ma Margarita se porte très bien, et me charge de vous faire ses compliments, et de vous exprimer toute l'admiration qu'elle éprouve pour la reine de France. Ma Margarita se laissera bien volontiers fourrer dans le roman que vous voudrez^.

George Sand, de son côté, écrivait à son directeur le 30 décembre 1835 :

Depuis que je suis revenue de Nevers, je suis enfermée dans mon cabinet, et je n'ai vu âme qui vive,

Ahl si, cependant, j'ai causé toute une nuit sur la trinité, et sur la transubstantiation, avec le curé dont je vous ai parlé. G'est un garçon très remarquable, je lui ai prêté le Coran; il m'a lu deux

1. Gh. Didier, V Espagne depuis Ferdinand VII^ 15 décembre 1835.

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