Bévue des Deux Mondes, 15 février
l'écrivait avec quelque sévérité. — Voici la lettre d'A. de Vigny à F. Buloz :
Je n'ai aucune colère, Monsieur, et je vous réponds dans un calme parfait.
Je prévoyais tout ce qui est arrivé, seulement j'ai voulu laisser aller tout le monde jusqu'au bout, afin déjuger les amitiés par les faits, dans une occasion décisive pour moi.
Il est très vrai que je vous ai dit de laisser faire celui qui voudrait me juger. Mais je n'ai jamais désiré que ce fût l'un plus que l'autre. C'était à vous de choisir, vous Tavicz fait depuis longtemps. Si Ton eût suivi mes désirs, que j'ai exprimés à M. Bonnaire, on n'eût fait aucun article sur Chatterton, comme on n'en a fait aucun pour Stetlo.
Il est décent qu'un journal ne vante pas celui qui signe ses feuilles, mais il est incompréhensible qu'il les attaque.
Voilà pour le passé.
J'attendrai l'avenir, comme je l'ai dit à M. Bonnairc, pour savoir ce que je dois penser de la résolution que vous dites avoir prise.
Mille compliments empressés,
ALFRED DE VIGNY
Dans le numéro du 1" mars, autre article affirmant le succès de Chatterton. « Le Chatterton Aq r M. de Vigny obtient décidément au Théâtre Français un succès beaucoup plus grand que n'eussent permis de l'augurer les jugements de la critique... Et avec tout cela la pièce a réussi.