‹ François Buloz et ses amisChapitre 22 sur 212 · Inédite, 18 février · texte numérisé non relu

Inédite, 18 février

LES PREMIERS CO L Lx\ BO R AT EL' R S 35

Le public a applaudi, il a fait mieux, il a pleuré et il y retourne avec persévérance... en matière de théâtre le public est Juge souverain.

» Aussi quand il (le critique) vous aura longuement entretenu des vices du poème, du défaut d'agencement des rôles, de tous les griefs plus ou moins fondés que son esprit d'analyse lui 'susTiTrère, dites-lui seulement : <( Tout cela est » vrai, peut-être, mais veuillez m'expliquer com- » ment il se fait que j'ai pleuré ^ »

A. de Musset exprime à peu près la même idée, dans l'un des deux sonnets qu'il dicta un soir à George Sand sur C/m^/er^n, c< dans quelque nuit d'exaltation maladive » :

...Messieurs du journalisme, Quand vous aurez crié sept fois à l'athéisme, Sept fois au contre-sens, et sept fois au sophisme, Vous n'aurez pas prouvé que je n'ai pas pleuré...

« Messieurs du journalisme », c'est G. Planche, que Musset, pour bien des raisons, haïssait.

0 critique d'un jour, chère mouche bovine, Que te voilà pédante au troisième degré. Quel plaisir ce doit être, à ce que j'imagine, D'aiguiser sur un livre un museau de fouine Et de ronger à l'ombre un squelette ignoré!...

Après la rupture avec G. Sand, Musset, se souvenant de ces deux sonnets, priait F. Buloz de les faire brûler... « Ayez la bonté de prier madame Dudevant, lorsque vous la verrez, de

Page 1