mars 1837, inédite
la nouvelle de madame St..., il insiste. Buloz sera-t-il impitoyable? — Il est clair que Vigny, lui, ne l'est pas, mais que Buloz voie cette jeune personne : il compte sur sa gentille timidité pour gagner sa cause auprès du directeur.
« Si je n'étais horriblement souffrant, ce soir, j'irais vous voir pour vous recommander de relire encore la nouvelle dont nous avons parlé, avant de la refuser si impitoyablemant. Conseillez à madame Stev^art de l'abréger, voyez-la, vous trouverez en elle la douceur et la timidité d'un enfant, et vous aurez fait une chose juste et bonne.
» Si vous venez demain et avant d'avoir tranché cette petite difficulté, vous me ferez bien plaisir. J'aurai aussi à vous montrer des papiers qui vous intéresseront, et à vous parler de la Revue des Deux Mondes ^ »
Ces papiers « qui intéresseront », et cette conversation sur la Revue des Deux AJ ondes, voilà l'appât, il me semble? D'ailleurs, Vigny, bon et serviable, se dévouait avec élan. Cependant le poète ne donnait plus rien à la Revue ; il ne publiait rien d'ailleurs, et F. Buloz s'inquiétait. Comme il lui reprochait son silence, Vigny lui répondait plaisamment le 7 mai^ :
« Je ne crois pas que mon silence cause une émeute d'abonnés, mais je leur donnerais de tout