‹ François Buloz et ses amisChapitre 30 sur 212 · Inédite · texte numérisé non relu

Inédite

qu'ils soient imprimés ou non, que m'importe? Mon cœur est un peu soulagé quand ils sont écrits. Tant de choses m'oppressent que je ne dis jamais! C'est une saignée pour moi que d'écrire quelque chose comme la Mort du Loup! »

Et à F. Buloz, le 14 juillet 1844, à propos de son dernier poème, la Maison du Berger :

« J'envoie demander pour la première fois l'épreuve corrigée, et en page, au farouche autocrate de la Revue, qui doit se féliciter d'avoir des compositeurs qui inventent d'aussi jolis petits mots que :

» Le soupir d'achim, etc. pour : Le soupir d'adieu ' et la morsure pour la nature.

» Quelle critique sanglante de mon écriture! et moi qui la croyais lisible!

» Quoi qu'il en soit, j'aime autant que ces légères différences disparaissent de ma main.

» Ayez la complaisance de demander que l'on conserve la composition de ce poème, j'en ferai tirer à part un certain nombre pour moi.

» J'ai regretté de n'avoir pas ainsi gardé les autres... »

Ce nom a d'autocrate farouche », dont A. de Vigny gratifie plaisamment le directeur de la Revue, paraît souvent dans les lettres qu'il lui adresse à cette époque. La même année encore :

1. La nature t'attend dans un silence austère; L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs, Et le soupir d'adieu du soleil à la terre, etc.

« Je VOUS prie, autocrate farouche du Théâtre Français, de dire à un de vos esclaves de la Comédie, de m'envoyer par la petite poste, sous enveloppe, rue des Ecuries-d'Artois n° 6, deux billets de première galerie dont j'ai besoin pour faire voir Kachel à une personne qui l'admire. Vous m'avez recommandé en pareil cas de vous écrire la veille, j'espère qu'il est temps aujourd'hui pour la représentation d'Andromaquey demain jeudi ^ »

Après la Maison du Berger, ^. de Vigny garda dix ans le silence. F. Buloz cependant le sollicitait continuellement. M. Glinel m'a communiqué une lettre du poêle datée de 1849. Il y répond encore une fois aux prières du directeur, qui demandait avec insistance la Deuxième Consultation du Docteur Noir.

Au Maine-Giraud^ Blanzac (Charente).

22 février 1849, jeudi.

Enfin, mon cher monsieur Buloz, pour cette fois je reçois très exactement et la Revue des Deux Mondes^ et votre lettre du 17 février.

J'apprends avec grand plaisir les prospérités nouvelles de la Revue. Je ne doute, pas qu'elles ne s'accroissent encore, puisque la contrefaçon a succombé. Juste retour des choses d'ici^bas. Je crois qu'il y aura une autre rivalité dont il est heureux

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