Les mots en parenthèse sont en marge
Enfin Sainte-Beuve termine :
« Vous devez voir, Monsieur, combien j'ai confiance en votre indulgence, et en celle de madame Thierry, pour me permettre de juger si à tort et à travers, et prendre tout d'abord une attitude si critique, là où je ne voudrais qu'exprimer ma reconnaissance pour une relation nouvelle qui m'est si chère, et ma sympathie pour tant de talents et de noblesse d'âme s'associant à travers la vie. J'ai revu ici avec bien du plaisir monsieur votre frère, mais nous n'avons pu causer qu'en passant. Voilà bien des événements depuis peu, qui ne sont guère propres à hâter ce renouvellement d'un lien qui manque à tant d'esprits; et pourtant à quelle époque en a-t-on eu plus de besoin? Mais à défaut de plus d'union, et dans ce détraquement presque universel delà société, il reste au moins des liens individuels, des admirations et des affections qui ne périssent pas; permettez-moi de croire. Monsieur, que je noue en ce moment un de ces liens avec vous, il était prêt en moi depuis déjà longtemps.
Votre très dévoué et respectueux,
Rue du Montparnasse, n° 1 ter^.
Augustin Thierry apporta, comme on sait, au rétablissement de la vérité historique, une scrupuleuse érudition, et d'abord il voulut reconstituer, intégralement, l'orthographe primitive des noms germains, que notre histoire, avec le temps, avait défigurée, disait-il; il s'attacha avec passion à cette tâche, « feuilletant les glossaires, conipa-