‹ François Buloz et ses amisChapitre 39 sur 212 · Timbre de la poste, 18 avril · texte numérisé non relu

Timbre de la poste, 18 avril

rant ensemble les différentes orthographes, tâchant de retrouver le son primitif, et la véritable signification des noms francs* ». Voici une lettre adressée à F. Buloz, datée de 1833; on verra combien cette question d'orthographe préoccupe l'écrivain et l'importance qu'il y attache.

« Il y a déjà longtemps que j'aurais dû répondre à une lettre bien aimable d'Ampère, mais d'abord j'ai attendu que mon article fût terminé; depuis, j'ai presque toujours été malade, j'écrirai pourtant cette semaine; ayez la bonté, monsieur, de vous charger de mes excuses, et aussi de faire de nouveau mes bien sincères remerciements à M. Alexandre Dumas. Je suis confus de tout ce qu'il dit de moi dans sa note, il y a dans son ouvrage^ de la hardiesse, de la chaleur, de la poésie, et beaucoup d'esprit, et je suis tout glorieux de ce qu'il a osé germaniser avec moi. Je regrette cependant que la seconde édition de mes Lettres sur V Histoire de France ne lui soit pas tombée sous la main, au lieu de la première, car dans cette seconde édition, je suis revenu sur beaucoup de points sur ma première orthographe, dans laquelle j'avais voulu faire entrer trop de choses inconciliables et je me suis arrêté définitivement à un juste milieu, qui me paraît en ce point, le meilleur parti possible. En effet Chlothilde,

i. Lettres sur V Histoire de France, Avertissement, A. Thierry. 2. Gaule et France, A. Dumas, août 1833.

Chlolher, Chlodomir, Arnulfy sont parfaitement germaniques, et Chlode-hilde^ Chlode-lier, Chlodemer, Vien-hulf, quoique mettant mieux à nu les radicaux, dépaysent vraiment trop le lecteur. Je voudrais bien que M. Dumas se rangeât de cet avis, car c'est l'union qui fait la force. Je lui recommande aussi de germaniser tous les noms, et de ne pas laisser Bodilon, Dadon, Papon, etc. Il ne faut pas qu'il y ait de disparate dans une nomenclature qui a la prétention d'être scientifique. Je voudrais bien être à Paris pour causer avec lui de ces choses, et de beaucoup d'autres, et je l'engage vivement à presser la publication de ses chroniques.

» Pourquoi ne mettez-vous plus rien de Fauriel, c'est mon maître en histoire, c'est un homme admirable d'invention et de sagacité, et qui a en portefeuille les plus belles choses, mais il ne finit rien, c'est son malheur et c'est un malheur pour la science ^ »...

Au sujet du rétablissement des noms germaniques, Augustin Thierry fut pris à partie en 1842 par Charles Nodier, dans un article intitulé : « Diatribe du docteur Néophobus contre les fabricateurs de mots ». Nodier voulut publier cette diatribe dans la Revue des Deux Mondes. Augustin Thierry, informé, se fâcha, menaça de quitter la place, car, sans auc^n doute, Nodier le visait : « Un historien dont le mérite n'est certainement

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