‹ François Buloz et ses amisChapitre 4 sur 212 · Antoine Buloz entra à TÉcule Normale en · texte numérisé non relu

Antoine Buloz entra à TÉcule Normale en

Et Antoine, le frère aîné? Ne pouvait-il aider son cadet? Le frère aîné luttait lui aussi. Il était d'esprit aventureux, et aborda les carrières les plus diverses. Ce normalien fut même, plus tard, directeur de mines! En 182o il écrivait un peu, puis il fut présenté à différents personnages, et je ne sais comment il connut tant de généraux : Savary, duc de Rovigo, et aussi Montholon, la famille d'Elchingen et le général Gourgaud, d'autres encore.

Parmi ces généraux, qui avaient vu les choses belles et merveilleuses de l'Epopée impériale, il s'en trouva qui, ne sachant pas les raconter, chargèrent le jeune normalien d'écrire leurs Mémoires^ avec leurs papiers et leurs notes. J'ai eu entre les mains un très curieux traité S passé entre le jeune Antoine Buloz, et un de ces généraux, qui savait mieux, sans doute, manier

l'épée que tenir une plume Il est stipulé dans

ce traité, que le normalien écrira les Mémoires du Duc de Rovigo, avec les renseignements que celui-ci lui donnera, qu'il se chargera de toute la partie matérielle; le traité avec l'éditeur Bossange, etc., enfin qu'il fera tout, hormis de sii^ner.

L'aVrangement est curieux, mais assez fréquent, je pense; ce qui l'est moins, c'est ce billet que j'ai trouvé dans les papiers d'Antoine Buloz :

1 , Voir ce traité à l'appendice A^.

ce Si par vos amis de Vienne, vous pouvez me faire rendre par l'Empereur mes droits sur le Mont de Milan^ (ces droits étaient de soixante mille livres de rente), je vous serais bien reconnaissant, etc. », et c'est signé duc de Rovigo! Comment ce jeune homme si pauvre, si inconnu, pouvait-il être à Vienne, et auprès de l'Empereur, un appui pour le duc?.. Quoi qu'il en soit, A. Buloz s'occupait des affaires de celui-ci, et il . ne devait pas s'en tirer trop mal, car un jour, reconnaissant, Rovigo lui écrit : « Mon cher Buloz, je ne sais pas ce qui m'est destiné, mais si je prends un commandement, je compte sur vous pour servir à mon État-Major. Mandez-moi si cela vous convient. x> Antoine Buloz n'avait jamais tenu l'épée, ni enfourché uii cheval, que je sache, il est vrai que personne ne s'avisait de ces détails.

L'année même où François Buloz termina ses études, il entra pour vivre, dans une fabrique de produits chimiques, une fabrique située en pleine Sologne, et qui n'appartenait pas à un chimiste, ni à un ingénieur, mais à M. de Jouy, qui, je pense, la commanditait.

M.Joseph Etienne, dit de Jouy, ancien engagé dans les troupes de la Guydne Française en 1781, ancien sous-lieutenant d'artillerie aux Indes en 1787, ancien capitaine de l'armée du Nord

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