‹ François Buloz et ses amisChapitre 56 sur 212 · Lettre de Madame F. Buloz à Madame Combe. Inédite · texte numérisé non relu

Lettre de Madame F. Buloz à Madame Combe. Inédite

Janin aux deux Revues. F. Buloz connut Brizeux chez l'imprimeur Aufîray, qui publia en 1831 le roman-poème de Marie. Brizeux rappelle leur liaison ancienne d'un mot, quand il nomme, dans une de ses lettres, François Buloz : c< le premier éditeur de Marie ».

L'auteur de Marie, délicat poète (de l'école de Sainte-Beuve), modeste, fort pauvre, collabora à la Revue l'année suivante ^ Marie avait eu un succès inattendu et du meilleur aloi ; à cette époque où les rivalités d'écoles étaient extrêmes, un poème frais, sincère, n'appartenant à aucune école, étonna, puis charma. Marie n'était pas signée, et je crois que Brizeux ne signa que la troisième édition — il ofîrit alors son livre à Madame F. Buloz, avec une dédicace qui en établit ouvertement la paternité. C'est un charmant poème, inspiré par ce souvenir : Marie, qui ue procède en efîet de rien, et ne ressemble à aucun autre. Planche l'a dit jadis quand il a parlé de Brizeux : ce II est demeuré solitaire et vrai. Il n'a consulté que son cœur... qu'on le blâme ou qu'on l'approuve, bon gré, mal gré, il faut accepter ses vers, comme l'expression d'une pensée réelle. » Brizeux chante la Bretagne aimée :

Ensemble harmonieux de grâce et de beauté..

ses coifTes blanches, sa mer sauvage, les fermes familières où il a passé ses jeunes années, et cette

i. 1832,. 1" août ; A un Religieux.

Marie, « fleur de blé noir ». C'est une élégie harmonieuse et simple, qui dut étonner au temps romantique, déconcerter peut-être, un hymne plein de délicates trouvailles :

...Nos cœurs et les fruits, pareils dans leurs destins, Dépendent bien souvent de leurs premiers malins, Du froid (jui les saisit, jeunes, dans leurs racines, Ou de l'air doux et tiède à l'abri des colline» i.

Un tel sentiment devait plaire au directeur de la Revue. Brizeux y eut écrit davantage', si diverses absences, un cours de littérature qu'il fit à Marseille en 1834, ses voyages, ne l'en eussent souvent tenu éloigné. Il faut noter aussi, que F. Buloz goûta surtout en lui le poète, le « Barde », et accueillit moins favorablement l'auteur de ces traités esthétiques, ou de ces romans en prose, dont Brizeux offrait volontiers les plans au directeur de la Revue.

Après ce cours à l'Athénée de Marseille, où le poète suppléa Ampère, Brizeux s'en fut en Italie; déjà il avait passé les monts quelques années auparavant avec Barbier. Il les passa souvent, car ce Breton aima la patrie du Dante avec ardeur, « cette belle Toscane », et Florence, qu'il appelle c( la ville la plus italienne de toute l'Italie. »

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