‹ François Buloz et ses amisChapitre 60 sur 212 · Id · texte numérisé non relu

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Brizeux, toute sa vie, ne voulut être, ne fut qu'un poète. En 1831, — il venait de publier anonymement Marie, — Brizeux. malade, était logé dans une mauvaise mansarde, lorsque Sainte-Beuve le vint visiter, avec un ami. Tous deux l'engagèrent à écrire quelques articles littéraires pour sortir de cette misère, mais le poète, qui méprisait la prose, répondit sèchement : « Non, je veux que ma carte de visite reste pure ! » Sainte-Beuve même prétend que cette horreur de la prose, Brizeux la poussait si loin, qu'il n'écrivait plus, à la fin, ses billets qu'au crayon, c( de peur, sans doute, que les lignes qu'il risquait ainsi ne vinssent à être lues un jour et à le compromettre ». De fait, les dédicaces de ses livres — du moins de ceux que j'ai entre les mains — sont écrites au crayon.

M. E. Dupuy a noté : « Après vingt-huit ans d'une vie littéraire silencieuse et désintéressée, Brizeux fut mordu par cette ambition : l'Académie ^ » Mais c'est bien avant la date que signale M. Dupuy que Brizeux fut c( mordu », et lorsqu'il parlait de l'Académie dans les billets qu'il adressait à Vigny, il y avait huit ans qu'il y songeait. J'en trouve la preuve dans la lettre suivante, que Brizeux écrivit à F. Buloz après la mort de M. de Jouy2 :

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