‹ François Buloz et ses amisChapitre 64 sur 212 · ÉM. SOUVESTRE · texte numérisé non relu

ÉM. SOUVESTRE

par mon père; puis d'autres recueillies par moi. J'avais même déjà commencé ces Mémoires d'un sans culotte Breton; votre avis va me remettre à cette besogne.

» Croyez que je ne confonds pas l'artiste et l'ouvrier littéraire. Si j'ai confondu des noms dans la préface de mon livre, il ne faut pas s'en scandaliser. J'ai voulu parler des idées philosophiques qui avaient été soulevées par les divers auteurs que j'ai nommés, mais sans prétendre mettre sur la même ligne leur talent. J'aurai dit également : « D'Holbach et Voltaire ont combattu le fanatisme », et il n'en faudrait pas conclure que je confonds ces deux hommes. Peut-être n'ai-je pas suffisamment indiqué ma pensée, et c'est un tort, mais je tiens à ce que vous, vous ne preniez pas le change à cet égard. Nul n'admire autant que moi le vrai artiste, George Sand, Sainte-Beuve, de Vigny, je leur ai voué un culte de cœur qui en vaut bien un autre, et je tiens plus à une approbation de leur part, qu'aux éloges de tous les feuilletonistes de Paris.

» Adieu, monsieur, encore une fois merci de vos amicales confidences. Je ne suis point exigeant pour les lettres, mais quand vous trouverez un moment, de loin en loin, écrivez-m'en d'aussi bonnes que la dernière, cela me donne du courage. »

Au moment de publier son livre des Derniers Bretons, Emile Souvestre écrivait encore au directeur de la Revue :

i34 FRANÇOIS BULOZ ET SES AMIS.

Je sens comme vous toute l'importance des Derniers Bretons; c'est mon va-lout que je joue, aussi ai-je taché de me faire de bonnes chances. J'envoie le tout à Charpentier (sauf le dernier chapitre que j'achève de corriger et de remanier), il vous communiquera le manuscrit, et j'espère que vous aurez le temps d'y jeter les yeux. Notez à la marge ce qui vous déplaira, je corrigerai. J'ai tâché de faire &c mon mieux, je crois le style plus châtié, plus fort et plus vrai que dans V Echelle'. Plaise à Dieu que vous soyez du même avis; du reste, dites-le moi, j'attends de votre complaisance que vous lisiez mon manuscrit, et que vous me communiquiez vos remarques, avant que l'on commence à imprimer...

Adieu, monsieur, mille remerciements (car c'est toujours ainsi que je suis forcé de finir ma lettre) et mille amitiés aussi.

Tout à vous de cœur,

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