‹ François Buloz et ses amisChapitre 7 sur 212 · Véron, Mémoires d'un bourgeois de Paris · texte numérisé non relu

Véron, Mémoires d'un bourgeois de Paris

n'avait pas d'argent pour payer ses premiers collaborateurs, aussi, pour des embarras il y en eut, et de gros... Durs commencements, créer une Revue! Avec beaucoup d'argent, la chose n'est déjà pas si facile, nous en avons l'exemple chaque jour, mais aboutir sans moyens financiers, vaincre sans le nerf de la guerre, et par l'unique efîort du labeur et de l'entêtement, voilà le génie ^ »

Il est certain que François Buloz sut s'imposer; on comprit que son eiïort aboutirait, il donnait à tous l'impression de la force tranquille et laborieuse, puis aussi, il avait le don de discerner le talent chez les très jeunes. N'a-t-on pas dit de lui que c'était un « sourcier »? Excellente qualité pour un directeur de Revue; il croyait à la jeunesse, il croyait aussi aux modestes, car il y avait des débutants modestes. Combien de jeunes ont débuté rue des Beaux-Arts! Musset n'avait que vingt-deux ans lorsqu'il collabora à la Revue pour la première fois; Jules Simon y fut accueilli sortant de l'Ecole Normale (timidement, il avait jeté son premier article dans la boîte aux journaux de la Revue; quelques jours après on l'avisa que son travail était à l'impression); Henri Blaze, présenté par Dumas, avait vingt ans, quand parut sa première œuvre.., et tant d'autres!

Jules Simon nous dit : « Je pouvais écrire des articles, je me croyais assez bien doué pour

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