‹ François Buloz et ses amisChapitre 72 sur 212 · Toutes ces lettres sont inédites · texte numérisé non relu

Toutes ces lettres sont inédites

» Je serais bien heureux d'avoir de vos nouvelles et de celles de mes amis... ».

De Stockholm, après ce voyage, le 22 juin, Marmier écrit de nouveau : ce Mon cher Buloz, je viens de faire 200 lieues à travers la Suède. J'ai vu un beau et un triste pays. J'ai passé huit jours au milieu de professeurs, et des livres de l'Université de Lûnd, et deux jours avec Tegner, l'évêque poète ^; d'ici je vais à Upsal, puis à Christiania, et à Copenhague, et à Paris. J'ai amassé un ^ grand nombre de notes et un grand nombre de livres. Je commence à lier mes gerbes. Quand je croirai ma moisson faite, je partirai, et après cela, c'est fini, je dépose le bâton de pèlerin sur le seuil de votre porte, et je ne bouge plus.

» J'ai été bien heureux de l'accueil qu'on m'a fait. J'ai été reçu comme un frère par tous les hommes de Suède que j'ai été voir. Je ne manque que d'un peu plus de force, pour soutenir l'innombrable multitude de toasts, qui attendent l'étranger. »

Non seulement Marmier amassait documents et notes en vue .de ses travaux, mais il faisait à la Revue une ardente propagande; très amicalement, il s'ingéniait à la faire connaître dans ces pays

\. Sur Wexiœ, ville épiscopalc du poète Tep:ner, Marmier a écrit : « C'est une petite ville de la SmaKinde, une ville de trois raille âmes, bâtie on bois comme la plupart des villes de Suède, et entourée de bruyères et de sapins. Jamais je n'oublierai l'impression de tristesse qui me saisit, quand j'entrai là pour la première fois. » {Revue des Deux Mondes, 13 décembre 1837.)

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éloignés. « Le lien littéraire est jeté, il suffit de le soutenir. M. llenterdahl, le bibliothécaire de Lund, est venu la veille de mou départ, me montrer la lettre par laquelle il demandait un abonnement à la Revue. Il veut acheter la collection entière, probablement à son prochain budget, et le bibliothécaire de Copenhague m'a écrit qu'il l'achèterait aussi. Tegner m'a promis de prendre un abonnement pour la bibliothèque de Wexiœ. J'espère bien ne pas quitter la Suède sans en avoir encore d'autres. »

Dans son voyage, Marmier a rencontré des commissionnaires qui propagent une contrefaçon belge de la Revue, et il s'indigne : « Les libraires de Paris sont-ils donc endormis de leur dernier sommeil? Ne peuvent-ils pas se réunir et envoyer aussi dans le Nord un commis voyageur pour arrêter l'elTet de cette infâme contrefaçon belge? »

F. Buloz, pendant ce temps, agissant sur M. de Salvandy, alors ministre, a fait confirmer officiellement à Marmier la mission officieuse que Guizot lui avait confiée.

Et Marmier : « Je vous envoie une lettre pour M. de Salvandy*. Puisque vous avez eu la bonté de me faire confirmer la mission que M. Guizot m'avait donnée, ayez encore celle de me faire donner quelque chose. Depuis que j'ai quitté

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