Cette lettre, qui est actuellement en ma possession, est
En 1844, Marinier perdit sa femme. On lira la lettre qu'il adressa alors à François Buloz. Je la donne tout entière, pour montrer quel attrait le travail exerçait sur cet homme, puisque, dans sa bien profonde douleur, il ne compta que sur le travail pour l'aider à la supporter.
c( Mon cher Buloz, je vous remercie bien cordialement du témoignage d'affection que vous m'avez donné, en assistant au convoi de ma pauvre malheureuse femme. Vous ne pouviez rien faire qui me touchât davantage, et m'imposât plus de reconnaissance, et je vous prie de vouloir bien remercier pour moi Bonnaire d'avoir pris part à la même bonne action.
» Je pars dans quelques jours, pour m'en aller porter ailleurs le deuil de mon cœur. Je ne me sens plus en moi ni force, ni espoir, ni rien de ce qui m'aurait guéri, cependant je comprends bien que le travail peut être pour moi un utile remède... »
Quoique F. Buloz fut voltairien, comme on disait alors, et le soit resté, il ne ferma jamais la Revue aux opinions opposées aux siennes, estimant avant tout le talent, à quelque parti qu'il appartînt, et pensant aussi que la Revue devait
d'une écriture très nette et très lisible, elle n'est pas datée de la main de madame Sainte-Beuve, mais celle-ci y mentionne son âge : 79 ans, or, elle est née le 22 novembre 1764, donc la lettre est de 1843.