LA RUE DES BEAUX-ARTS
pénétrer dans le salon meublé d'acajou, recouvert de drap rouge avec grecques noires (sur la cheminée, une pendule dans une borne de marbre). A la suite du salon se trouvait une chambre d'enfants, où s'entassaient les trois garçons, et enfin un petit couloir menant à la cuisine.
De l'autre côté du palier, s'ouvraient les bureaux de la Revue. Les bureaux : mot somptueux! Ces bureaux c'étaient : une antichambre où se tenait Bastien le garçon, l'antre de Gerdè^, et le cabinet de F. Buloz. Ces pièces, « éclairées chacune sur la cour par une petite fenêtre, étaient meublées l'une et l'autre de cinq ou six chaises de paille, et de deux tables de sapin noirci, en mauvais état; il y avait aussi quelques casiers pour serrer les papiers et correspondances ». — Et c'était la Revue des Deux Mondes
Jules Simon écrit : « Comment la Grande Revue occupait-elle un logement dans cette pauvre rue? Et un très pauvre logement, je vous assure. » Malgré cela, il ajoute : « Nous autres débutants dans la carrière des lettres; nous n'entrions pas là sans trembler. »