‹ François Buloz et ses amisChapitre 85 sur 212 · Sainte-Beuve à F. Buloz, inédite · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve à F. Buloz, inédite

passé par les épreuves régulières, et a été admis dans la collection officielle. Il ne m'appartient plus, et son sort est d'être enseveli dans les mémoires de notre classe... je vous avoue que votre proposition me donne quelques regrets ^ »

Une autre fois, Sainte-Beuve (toujours pour rendre service à Cousin) envoie à F. Buloz un billet du philosophe. Je ne sais ce que celui-ci désire, mais il le désire ardemment, prie Sainte- Beuve de porter le « coup décisif », il lui en saura, lui, Cousin, un gré infini. Au bas de ce billet le critique astucieux ajoute :

« Je reçois ce mot, je prie Bonnaire de ne pas perdre le fruit de la bonne grâce en trop tardant. Ingrate gralia tarda venit. » Et en échange de ce coup décisif, voici le fruit de la bonne grâce demandée :

c( Cousin vous fait un article pour la Revue des Deux Mondes. » Selon lui ce dernier argument devait l'emporter, et peut-être l'emporta-t-il.

Pourtant, quand cet article est terminé, F. Buloz ne se presse pas de le publier; le trouve-t-il trop sérieux pour ses lecteurs? Sainte- Beuve s'inquiète :

Mon cher Buloz,

J'ai vu ce matin Ampère, lequel avait vu Cousin, lequel paraissait un peu fâché, ou du moins étonné, que Farticle qu'il vous a donné n'ait point passé. Je

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