Communiqué par M. Lair
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pour lui — à quoi celui-ci répugna et lorsque Salvandy vint sans crier à la tête la croix de la Légion d'hor Beuve, qui était alors au National, matin même inséré une lettre de re vint me trouver de bonne heure, les motifs de son refus. Il ajouta ; j pas pour si peu. Aujourd'hui en efl'( up peu mieux : 1 500 francs par n leur.
» En 1839, sous le ministère du mis de nouveau en campagne, e manqua. En 1840, Cousin, et Rér mirent l'empressement le plus bien^ une combinaison qui plaça Naudi thèque Royale, on put faire vaqu( la Mazarine, et M. de Rémusî^t me me l'annoncer, en me cha^tçean m'assurer de l'acceptation. L affain tout à fait en dehors de Sainte-B touché, me remercia avec effusion, dit qu'il irait faire lui-même ses r M. de Rémusat. Cependant, l'af vieille mère allait disant partout pas fait assez pour son fils... Je ajoutait Buloz, de lui avoir laisî M. de Rémusat. C'était, entre mi preuve du zèle que j'avais mis à 1
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quelque temps après : « Je suis là comme i épicier en détail à son comptoir, voilà pourta mes invalides de poète, et je dois écrire à n porte : Deus otia fecitK » C'est l'amertume d'i homme qui s'estime fort au-dessus de sa tàch certes, c'est aussi le de profundis jeté à son pas de poète.
Sainte-Beuve était aigri sans doute, et méehan les contemporains l'ont tous dit, F. Buloz le di comme eux, et lui-même : « Si je suis si méchai si passionné, si inégal, c'est que je suis livré ai caprices de mon misérable cœur. » Mais avec c caprices-là, dus à de réelles souffrances il est vn n'y eut-il pas, dans sa vie, bien des causes à cel méchanceté?
L'éclat des grands noms, comme ceux de Vigi et d'Hugo, nuisit au sien. Les poètes louèrent, est vrai, sa poésie et avec emphase, mais ne po vait-il espérer mieux que des louanges? Ne po vait-il souhaiter quelque renommée plus étendi et en lisant les louanges qu'ils lui prodiguaie précisément, prendre de lui-même une idée ass haute, pour prétendre, lui aussi, à la gloire?
« Il m'empêche d'écrire, il m'empêche de sor et de penser à autre chose qu'à ses vers : il fa bien que je vous parle de lui... Le Suicide,
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tout éplorée, et avec laquelle on vit... Ce jeun» homme, ce Joseph... Ah! ma foi, bonsoir, ce masque me gêne, vos vers, votre prose, vos sonnets, vos élégies m'enchantent, me ravissent, comme André Ghénier et La Fontaine, comme Young et Rabelais... Vous êtes un poète qui ne périra jamais.... » Qui donc parle ainsi? C'est Vigny lui-même, et il n'est pas le seul.
Donc, la renommée universelle, la renommée splendide des autres, Sainte-Beuve la désira, il ne la connut pas. Il ne la mérita pas au même titre qu'eux? peu importe, c'est elle qu'il envia, et c'est d'elle qu'il se trouva frustré. Il souffrit donc comme poète, bien qu'il ait fait école, incontestablement, et comme romancier, bien que Volupté soit un beau livre. Comme critique, Sainte-Beuve est un inventeur. Qu'avait-on fait dans ce sens avant lui, je dis dans ce sens? lui accorda-t-on sa vie durant l'admiration que nous avons pour lui aujourd'hui? Je n'en suis pas sûre, et pourtant : « Il y a plus d'idées dans son œuvre que dans celle de Voltaire », a dit M. Faguet.
Vieux, il écrivit à la Princesse : « Le sort, en somme, ne m'aura point maltraité! Il m'aura traité bien mieux qu'un nombre infini de mes semblables, qui valaient autant, et mieux que moi... » Mais il écrivit ceci en 1867, assez blasé, et sénateur; plus jeune, son ambition, son ardeur, ses déceptions, ses rancunes, tout était différent.
Il est hors de doute que Sainte-Beuve est l'in-
venteur de la critique moderne, la critique documentaire, rigoureuse et vivante. Avant lui, que voit-on? Je pense qu'on ne saurait lui opposer La Ilarpe, et, de son temps, Villemain? (auquel d'ailleurs, il faut rendre hommage). Aucune œuvre n'est comparable à l'œuvre de Sainte- Beuve, car sa méthode est à lui. D'autres critiques avant lui ont pu être étincelants, délicieux, profonds, ils n'ont pu donner au même degré que l'écrivain de Port-Royal et des Lundis, le sentiment de Vérité et de Vie qu'il donne.
Ce qui distingue Sainte-Beuve, c'est le souci de toute recherche, de tout renseignement nouveau, il ne quitte un sujet qu'après avoir examiné tout ce qui le touche, l'anime et le rend vivant; ce souci est bien neuf, il date de lui, je le répète. Avec ses lectures, un rapprochement se fait dans son esprit, un nom vient sous sa plume, une strophe chante à sa mémoire. Il ne laisse rien au hasard, il veut dire tout ce qu'il sait, en apporter les preuves, y renvoyer son lecteur, et ce travail du critique, qu'il est agréable à ce lecteur! quelle confiance il lui inspire, comme les peintures que fait Sainte-Beuve dans ses portraits, c( faits de cent touches ajoutées et superposées », lui laisseront dans la mémoire de belles et saisissantes images!
Avec cette passion de la vérité, comme il est loin des études, faites à la manière allemande, qui nous ont envahi depuis. Chez lui, aucune
lourdeur; le document n'encombre pas le récit, toujours alerte, ni ne le retarde; il l'embellit et le pare, et celui-ci, plus animé, plus vrai, plus vif, se poursuit, attachant, et bien de chez nous. (Vest aussi, je pense, dans la conscience et l'exactitude de Sainte-Beuve qu'est le secret de son œuvre qui s'impose; peut-on s'en passer aujourd'hui?
De tous les siècles qu'il a peints, on ne sait guère auquel donner la préférence; peut-être la donnerait-on au xvii% qu'il a certainement étudié avec plus de .goût, en vue et à côté de son Port-Royal. Avec Retz, Huet, Saint-Simon ou La Rochefoucauld, il le voit magnifique et corrompu, aussi, plein de faste et de noblesse. Il en a relevé les caquets et le côté de la petite histoire, qui lui plaît tant, avec Tallemant; et lorsqu'il fait revivre les petits poètes de ruelle, comme Pavillon ou madame Des Houlières, il est malicieux et charmante Comme Sainte-Beuve encore, aime madame de La Fayette, « esprit solide et fin », et même la revêche Maintenon; ces portraits-là ne seront-ils pas plus durables que ceux de Cousin?
1. « Madame Des Houlières, a-t-il dit, qu'on voit de loin dans un costume couleur de rose, était triste. A côté de ses libertés de Muse, elle avait la vie pure, irréprochable, disent ses biographes, et peut-être assez de pratique religieuse au moins pour la bienséance d'abord, et vers la fin (selon toute apparence) avec sincérité », il la compare à madame Dufrenoy et son Fontanes, à elle, c'est le prince de Gondé : « if y eut quelque chose entre eux (Tassez particulier ».
J'ai noté que Sainte-Beuve au début considéra la Revue comme sa maison. « La Revue des Deux Mondes, mti patrie depuis longtemps », a-t-il écrit. Et en effet, chaque jour, c'est un billet nouveau, écrit de sa main, et la concernant : « Voici la note de M. de la Tour du Pin sur Bougie, tâchez qu'elle aille dans Tune ou l'autre de vos Revues, vous qui portez deux mondes! Pour moi je n'en porte pas un seul, et je suis bien en désarroi de travail^.. »
Un autre jour... « Je viens de lire la chronique. Je me suis mis à la place de la Revue, à votre place, je n'ai pas eu besoin de beaucoup d'effort d'esprit pour cela. J'ai tâché de me dépouiller de toute espèce de partialité d'ailleurs. Et je puis vous assurer que je*la trouve très satisfaisante, dans une haute et sage direction, prudente et convenable ; si vous renonciez à cette habileté-là, vous feriez une perte irréparable selon moi. Agissez sur le pilote, causez avec lui, chantez-lui une gamme, mais surtout, gardez-le^. » Tel est l'avis de Sainte-Beuve vers 1840, alors que la critique, prenant de jour en jour plus d'importance, était, en haut lieu, surveillée, menacée.
C'est encore Sainte-Beuve qui recrute Lamennais et qui annonce ses premiers articles; déjà en juillet 1834, il a commenté les Paroles d'un croyant ; deux ans après : « Vous recevrez demain