‹ François Buloz et ses amisChapitre 92 sur 212 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

3. 7 juillet 1831, Victor Hugo à Sainte-Beuve, Correspondance de V. Hugo.

Plus qu'un premier enfant ou qu'un suprême adieu. Que l'époux dans sa gloire et ta fille, et ton Dieu, Oui — si jusqu'à la mort, dans nos charmantes ruses, Aux plus divins moments de nos âmes confuses, Tu me redis...*.

Si Hugo amena Sainte-Beuve à la Revue, Sainte-Beuve, nous l'avons vu, y amena Cousin et Lamennais, il y retint Michelet, en 1833, qui s'éloignait; il écrit, le 3 mai, à F. Buloz : « M. xMichelet, que je vois, m'apprend qu'il a un morceau étendu de faits historiques qu'il imprimerait volontiers, et volontiers chez vous; mais il faudrait pour cela que vous le lui demandassiez, car il vous croit fâché... il hésite à prendre l'initiative. Comme je crois que c'est une bonne chose pour la Revue, je vous en informe. »

Et Michelet rentra au mois de juillet suivant^.

Quoique Sainte-Beuve se plaigne de n'être pas suffisamment libre sous la férule du directeur, il n'en fait néanmoins qu'à sa tête... A une demande de F. Buloz pour le changement d'un mot dans un article, il riposte assez sèchement : « J'ai le regret de vous dire que je ne puis rien changer. Le mot à'irriter substitué à celui à'olJenser était déjà un changement de nuance, et je m'en tiens là... » Puis il se plaint de son prétendu esclavage : « Je deviens du reste de plus en plus persuadé que la critique des contemporains est impos-

1. Le Livre d'amour, pièce IV, l'enfance d'Adèle, 9 août 1S3I.

2. La Bretagne (fragment de la préface de l'Histoire de France), 15 juillet 1833.

sible, à moins d'avoir un journal à soi, et de n'être que trois au plus, parfaitement d'accord de conscience et de direction, €l ne cédant jamais à ces petites considérations de relations et d'intérêts. »

Évidemment Sainte-Beuve ici oubliait la « courte note » sur la candidature d'Hugo, qui lui avait pourtant été dictée par une de ces petites « considérations de relations » qu'il blâme. Il oubliait aussi les « ménagements » qu'il préconisait à l'égard de Cousin, etc. ; il oubliait beaucoup de choses enfin.

Il faut répéter que, dans ses débuts, tout ce qui concerne la Revue l'intéresse, il y attire les collaborateurs célèbres, il y introduit les jeunes gens chez qui il devine un talent quelconque, de l'avenir. Il y voudrait voir aussi M. Damiron, « qui désire entrer à la Revue maintenant qu'il y flotte tant de bannières amies... » Il donnerait quelques morceaux « sur la philosophie du xv!!*" siècle, Descartes, Malebranche et Gassendi, ce qui n'a jamais été fait... » Puis : ce En causant également avec Vitet l'autre jour, il m'a paru très disposé à entreprendre pour la Revue une histoire de la peinture française au xvii^ siècle, etc. » Il se mêle de tout — pour le bien de la Revue, et, bien entendu, il est écouté.

En 1846, c'est lui qui parlera de M. Aubertllix, jeune professeur de l'Université... il lui est très recommandé par M. Patin comme un « jeune homme de talent » ; de M. de Bezins « qui a passé

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des années en Italie, jeune homme dont je crois qu'il y aurait à tirer parti », et dans le môme billet : « Avez-vous jeté les yeux sur l'article de M. Gaullieur, son histoire de la fabrication du papier? Ne pourrait-on donc pas insérer dans la Revue son travail?* »

Tout l'intéresse, il furette, et s'applaudit de « dénicher » ; notez que ce n'est pas uniquement de lettres qu'il s'enquiert; dans son billet de 1836, il écrit : « M. Fauriel, que j'ai vu hier, me recommande vivement pour que vous l'insériez dans la Revue un article savant sur la grammaire égyptienne de Ghampollion. Il n'y a, m'a-t-il dit, que deux personnes bien compétentes à juger ce travail. C'est M. Etienne Quatremaire, et M. le docteur Dujardin. L'article est précisément de ce dernier. Il est en certains points opposé à Ghampollion, mais avec modération. L'article n'est pas long, et n'a pas une feuille : Fauriel l'a et me l'enverra. Ge serait une bonne chose d'après ce qu'il m'en dit... ^ »

Et l'article paraît le 15 juillet.

En 1834, Sainte-Beuve donne à la Revue des Deux Mondes un article sur Balzac; le romancier est collaborateur aux deux revues... et ce n'est pas un collaborateur ordinaire : inexact, insaisis-

1. C'est sans doute après le refus d'insérer cet article de M, Gaullieur, que Sainte-Beuve écrivait à celui-ci la lettre citée ci-dessus, 2 juin 1846.

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