‹ François Buloz et ses amisChapitre 98 sur 212 · Voir cet article, Revue des Deux Momies, 1" octobre · texte numérisé non relu

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Mon cher Buloz,

Ne vous ayant pas trouvé ces dernières fois, quand j'ai passé à la Revue ^ et n'ayant pas eu le temps hier d'y retourner, je tiens avant de partir à régler un ou deux points avec vous ^

Vous me demandez Tarlicle La Fayette pour le 15. Je n'aurais guère le temps, même en m'y mettant tout entier. Mais quand je le pourrais, j'en serais empêché par un motif de convenance. Il ne me paraît pas très convenable pour moi, en effet, de rentrer dans la Revue immédiatement après l'article de Planche sur moi.

Cet article, dont je n'ai nullement à discuter et contester le foijd, est, dans les trois dernières pages, d'un ton qui m'a choqué et a dû me choquer.- Entre gens qui, de part et d'autre, savent (j'ose le dire) au. moins également la langue, il est incongru de venir se régenter à ce point, et sur ce ton, en reprenant les éléments de la syntaxe avec une complaisance souverainement pédantesque. On est tout à fait dans son droit de critiquer en le prenant sur ce ton ; mais de l'autre côté, on est tout à fait dans son droit, aussi, en trouvant que cela est -d'un homme malappris, sans bon goût et tout à fait malotru (sauf ses autres qualités).

On peut s'entendre régenter ainsi en face, mais non pas à côté, dans ses propres rangs, et par-dessus l'épaule. Planche, qui a de mauvaises habiludes jointes à de hautes qualités, objectera en vain, et vous m'objecterez vous-même inutilement, qu'il ne

1. Cette lettre ne porte aucune date. Mais elle doit être située entre l'article de Planche, 1" octobre, et le départ pour Lausanne, 15 octobre, donc vers le 8, je pense.

fait autrement avec personne. Je n'ai pas pour liabiludedeme régler sur les autres, en ce qui touche ma convenance personnelle; Planche m'a dit <les cliosos pout-ôtre vraies, sur un fnn que je trouve incongru, et j'en suis quitte pour lui tourner le dos; la Hevue n participé quelque peu à cetle incongruité envers moi, et je suis obligé de mcltrc qucKpic intervalle et quelque quarantaine, avant de lier de nouveaux rapports avec elle.

Cela au reste est moins fâcheux, mon cher Buloz, à un moment où je vais être bon gré mal gré, dans l'impossibilité de vous servir...

Il achève d'ailleurs sa lettre par ces mots : a tout à vous quand même ».

Cependant, en décembre, Sainte-Beuve écrivait à Marmier « Je me suis réconcilié avec la Revue après l'avoir boudée un peu, mais au fond, cette bouderie n'était que pour la forme, et je tenais seulement à paraître un peu digne, et à avoir l'air de quelquun, tandis que Planche, vers la fin, m'avait un peu troussé sans façon *. »

Le voici réconcilié cette fois. A Lausanne, il a commencé soU cours : « Tristesse à part, je suis content (car il ne faut pas oublier qu'il allait à fvausanne pour elTacer de trop charmants souvenirs), et il écrit à F. Buloz :

« Je suis très absorbé par mon cours, trois fois par semaine j'improvise ou à peu ])rès, moyennant force notes. Cela ne va pas très mal. S'il no

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