‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 107 sur 138 · PREMIÈRE CHEVAUCHÉE EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CHEVAUCHÉE EN AFRIQUE

Coillard et Damnas trouvèrent au Cap plusieurs de leurs collègues, Schrumpf et sa nombreuse famille eu route pour l’Europe, les Pellissier, les Arbousset.

Le séjour au Cap fut plus long que Coillard et Daumas ne le pensaient; il fut occupé par des préparatifs et Coillard fut de suite appelé à cet apprentissage de la patience qui fait dire aux missionnaires : « C’est l’Afrique ! »

Il fallut d’abord aller à Wellington chez M. Bisseux (29 novembre-5 décembre), acheter des bœufs et des chariots. M. Bisseux, l’un des trois missionnaires pionniers envoyés parla Société de Paris au Sud de l’Afrique, avait fondé en 1829, parmi les descendants des réfugiés français, à la Vallée du Charron, une station missionnaire ; depuis lors, la station avait été transférée à Wellington et la Vallée du Charron en était restée une dépendance.

« Le surlendemain de notre arrivée à Wellington, écrit Coillard au Comité de Paris [, nous partîmes de bonne heure à cheval pour visiter la Vallée du Charron. C’était donc la première fois que je chevauchais en Afrique, et c’était dans un pays pittoresque. Ce sont des montagnes de granit d’un aspect grandiose et sévère, des fermes parsemées dans une vallée étroite, mais fertile, des ruisseaux qui deviennent, en certaines saisons, des torrents impétueux. Au milieu de l’aridité des sables, des vignes, des orangers couverts de leurs beaux fruits; des arbres de toute espèce au milieu des bruyères sauvages; en un mot, de riantes et délicieuses oasis au milieu du désert. Tout en chevauchant lentement à côté de mes deux vénérables guides, sur une route que borde tantôt une colline, tantôt un ravin, je ne pouvais m’empêcher de réfléchir à ces paroles: « Les portes de l’enfer ne prévaudront point contre l’Eglise de Jésus-Christ. » Ces lieux furent habités autrefois par des réfugiés français qui, pour leur

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