PREMIÈRES RENCONTRES
Pelet de la Lozère, chez Mme de Staël, chez Mme de Seynes, chez Mme G. Monod, partout enfin. Mais, le i5 août, la bonne madame André la mère ’, qui m’a toujours témoigné tant d’affection, désirait que j’allasse lui faire mes adieux en particulier et lui faire une méditation. Accompagné d’un ami, je m’y rendis pour le dîner; nous étions seuls. Mais, après le dîner et à ma grande surprise, je vois entrer les deux demoiselles Mackintosh qui venaient passer la soirée avec nous. Après le thé, nous chantâmes des cantiques et je fis un petit culte. Puis la bonne madame André nous demanda, à moi et à mon ami, d’accompagner ces demoiselles qui désiraient voir les illuminations en l’honneur de l’Empereur. Quelque étrange que me parût celte proposition, vous pouvez penser si elle me fit plaisir. Nous trottâmes donc dans les rues de Paris, remplies de monde et de boue. Je ne me souviens guère de ces illuminations, car d’autres pensées préoccupaient mon cœur. Je parlai peu, elle parlait peu, car je ne savais pas l’anglais alors et elle, arrivant d’Ecosse, comprenait peu le français. Nous nous comprîmes pourtant, et, sans se douter peut-être de l’intérêt de- mes questions, elle me donna bien des preuves de son dévouement et de son affection pour les missions. Nous rentrâmes. »
jg août i85 7. — Mme André la mère voulut que j’allasse passer encore quelques instants avec elle pour lire et prier avant mon départ. J’y dînai avec M. Alfred André et mon ancien maître, M. Louis André; puis, après dîner, je me trouvai seul dans les salons de Mme André, encore avec les demoiselles Mackintosh. Je n’en revenais pas, vraiment. Elles se montrèrent très aimables. Je fis une lecture, une prière, puis suivit le thé.