‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 124 sur 138 · Mme Aadré-Rivet, morte en i85g. (Ed. F · texte numérisé non relu

Mme Aadré-Rivet, morte en i85g. (Ed. F

<c Ce fut la dernière fois que je la vis, écrit Coillard à sa mère. Depuis lors son image ne s’effaça point de mon cœur. »

Coillard se trouvait dans une position singulièrement difficile : son départ ne pouvait être retardé ; d’autre part, il ne pouvait pas, dans un temps si court, se fiancer et se marier et, à supposer que, du côté de la jeune fille, le cœur fut touché, il ne pouvait ni se marier à bord ni entreprendre un si long voyage avec sa fiancée. Aussi sent-on très bien dans son journal intime qu’il ne veut pas se laisser aller à cet amour : « Il était clair que je réfléchissais, dit-il, mais je ne parvins à aucun résultat positif; je ne le pouvais pas. »

D’autres questions se posaient à lui, questions plus graves encore, questions de principe : un missionnaire doit-il être marié? Depuis plusieurs années le problème le préoccupait, son journal en fait foi :

io février i85f — Devrais-je me marier ou non? Je crois que non. Combien je serais plus libre ! Je pourrais, presque sans crainte, aller au milieu des anthropophages et leur livrer mon corps, aller, venir, sans inquiétude sur ce que je laisse à la maison. Je serais plus entier au Seigneur. Mon Dieu, éclaire-moi !

Le 16 mai i854, la question du mariage des missionnaires est discutée au culte du soir, entre M. Boissonnas et les élèves de Batignolles; Coillard, comme M. Boissonnas, conclut au célibat. Le 29 mars 1 855 , nouvelle discussion entre amis, Coillard hésite :

En tout cas je ne veux pas qu’on fasse mon mariage. Je veux une personne que je connaisse et que j’aime et qui ait, comme moi, la vocation missionnaire.

A mesure que le départ approche, Coillard incline de plus en

Page 1