‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 131 sur 138 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

envisager la société et le monde chrétien sous un jour plus large, plus sain, plus heureux.

Elle lui donna, ce qui lui manquait surtout, la confiance en lui-méme ; et elle put la lui donner parce qu’elle avait une foi absolue dans la vocation de son mari. Dès le début, elle l’admira, elle le plaça en quelque sorte sur un piédestal et, au lieu de le conduire, ce à quoi l’eût poussée son penchant naturel, elle se montra toujours prête à le suivre, l’inspirant et le soutenant de toutes manières.

François Coillard avait une âme de poète ; il était sensible à l’excès et plutôt pessimiste ; il aimait l’étude et les exercices de piété. Elle, tout aussi intellectuelle que lui et peut-être plus, aimait surtout l’activité ; elle lui communiqua son énergie débordante. Elle lui apprit aussi à résister à l’opinion. Humble et facile à persuader, François Coillard, tout en suivant son chemin avec ténacité, eût été enclin à se laisser guider ou persuader pour ce qui concernait les détails de la vie ; il était porté à concilier toutes les opinions et cherchait à apprendre de chacun. Mme Coillard avait la disposition toute contraire ; elle n’admettait pas les suggestions ; elle voulait faire ce que son mari jugeait bon, mais elle entendait le faire à sa manière et sans demander l’avis de qui que ce fût. Elle avait, par exemple, l’horreur des travaux matériels; elle 11e savait pas pétrir le pain, ni faire la lessive; aussi se le fitelle apprendre. Mais une fois qu’elle l’eut appris, malheur à qui se serait permis de lui donner un conseil !

Un des membres de sa famille a pu dire d’elle, sans manquer au respect et à l’amour, qu’elle était pour son mari ce que sont pour les stations missionnaires les haies de cactus dont elles s’entourent. Derrière la haie, le beau caractère de Coillard put se développer harmonieusement .

Faire comprendre, faire aimer, faire réussir son mari, telle fut toute son ambition.

Arrivés au terme de cette première phase de la carrière de Coillard, jetons avec lui un regard en arrière et concluons. Dans une de ces lettres, tracées par lui en caractères d’imprimerie, afin

que sa mère pût les lire « toute seule » et qu’ainsi l’intimité fut complète, il dit (20 octobre 1861) :

« Ma bonne mère, vous aurez sans doute été bien triste de recevoir depuis quelque temps moins de mes lettres qu’autrefois. Ce n’est pas parce que je suis marié et qu’une autre a pris votre place dans mon cœur; non, car, pour chérir ma compagne, je ne vous en aime pas moins. Si vous saviez combien nous vous aimons tous les deux! Nous parlons souvent, bien souvent, de vous, et je ne le fais jamais sans sentir une vive émotion s’emparer de mon cœur, car, bien que Ghristina m’ait beaucoup entendu parler de vous, il lui est impossible de se faire une idée des épreuves au milieu desquelles vous m’avez élevé, ni des sacrifices que vous vous êtes imposés pour moi, ni de l’affection si tendre dont vous m’avez toujours entouré auprès de vous comme au loin. En vous écrivant, j’ai toujours ce passé-là présent à l’esprit, je revis au milieu de ces scènes où le dévouement d’une mère était constamment aux prises avec la misère.

« Est-ce que vous vous souvenez de notre vie à Beauregard, puis de notre vie à Asnières pendant le ministère de M. Bost et celui de M. Guiral? Oue de fois j’y pense, moi! Pourquoi donc est-ce que Dieu m’a aimé plus que d’autres? Oh! ma mère, ma bien-aimée mère, c’est bien vrai que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers, mais que c’est Lui qui, lorsque nous étions ses ennemis, nous a aimés et s’est donné lui-même pour nous.

« Vous rappelez-vous encore, ma bien-aimée mère, quand votre « petit garçon » vous faisait la lecture? Il me semble voir encore la pétrelle et le feu de chenevottes nous éclairant, vous tillant le chanvre, moi vous lisant ce gros livre de Mme Pillivuyt, le premier que j’aie possédé en ma vie, ou bien dans le Petit Messager des Missions, dans Y Ami de la

Lcribe , 5 Je lyivier

Ma Mère bien, aimee . Que Dieu vous b cuisse qu'il vous donne paix et joie dans vos vieux jours ! Ce qui me fait Au bien quand je pense à vous c'est de savoir coin bien Dieu vous aime il tû amour /I a tant aimé le monde qu'il a donné son fils unique au monde afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'ilait U vie eternette'. (Quelles belles paroles h 'est.ee pas • h ! non , non l'amour de Dieu ce n'est pas de belles paroles c'est U don de Son fils , c 'est la vie éternelle j et cela pour vous , ma tendre Mère et pour moi Car Dieu ne veut point la mort du pécheur mais sa conversion et sa vie- C’est une parole certaine et dlio'ne d’être reçue avec une entière & \ 1

Croyance .c’est que Jésus. Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs desquels je suis le premier . 0 ma bien aimee Mere com. me je comprends la parole dit David : oh que, bienheureux est l'homme dont la transgression est pardonnes et dont Le peche est couvert!

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