‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 42 sur 138 · GLAY, LE MAGNY I · texte numérisé non relu

GLAY, LE MAGNY I

Lettre au Comité des Missions de Paris. — Examen. — Eugène Berger. — Nécessité d’études classiques. — Départ pour le Magny-Danigon. — Louis Jeanmaire. — La vie au Màgny. — Un berger du Jura. — Réunion de la Tourne. — Les études au Magny. — Départ pour l’Ecole préparatoire de théologie des Batignolles. — Premières impressions.

Eu réponse à une lettre de Coillard du 20 octobre i852, le pasteur Guiral, qui avait quitté Asnières pour Saint-Quentin, lui écrivait : « Si tu te sens réellement vocation pour la carrière missionnaire et que ce soit la volonté de Dieu, il ouvrira lui-même la voie, mais à son heure et non à la tienne ; il faut te tenir en patience et attendre, et, s’il tarde, l’attendre encore. »

Coillard avait attendu, la voie était entr’ouverte.

Il s’agissait maintenant d’une importante démarche à faire, celle de mon admission dans quelque institution missionnaire. A part l’église morave, dont je n’étais pas membre, il ne restait que deux sociétés de missions en présence : celle de Baie et celle de Paris. Celle de Bàle était la plus connue et la plus populaire à Glay. M. Jaquet allait fréquemment à ses fêtes annuelles et nous en racontait d’étonnantes choses, si bien que, de loin, l’institut de Bàle nous apparaissait comme le sanctuaire de la piété et de la sain-

teté. Presque tous les ans, quelque élève venait passer ses vacances à Glay. Nous y possédions alors un M. Convert qui alla plus tard aux Indes. C’était un jeune homme sérieux, grave, dont le commerce fut béni pour mon âme. Les attractions de Bàle étaient donc fortes. Mais j’étais français de cœur comme de naissance ; c’est de Paris que m’étaient venus les appels qui m’avaient si profondément remué ; c’est donc à Paris que je voulus m’adresser.

Coillard écrivit à M. Grandpierre, directeur de la Maison des Missions, à Paris, la lettre qui suit 1 :

Glay, le 8 novembre 1802.

Monsieur,

« Je me permets aujourd’hui de vous écrire ces quelques lignes, afin de vous faire connaître les voies admirables par lesquelles le Seigneur m’a fait passer pour m’amener à sa connaissance, le désir ardent que j’éprouve de travailler à l’avancement du règne de Dieu, et vous prier de venir à mon aide.

« Je suis né à Asnières, village près de la ville de Bourges. Mes parents étaient de riches cultivateurs ; mais, à la mort de mon père, tout notre bien fut vendu pour payer tant les dettes pour lesquelles mon père avait cautionné, que celles que mes parents s’étaient vus obligés de contracter. Nous étions huit enfants; les quatre aînés étaient déjà mariés, trois autres furent placés dans de bonnes maisons et pour moi, qui n’avais que trois ans, je restai seul à la maison paternelle.

« Ma mère gagnait notre vie à l’aide de ses mains, réduite

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