‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 44 sur 138 · IO · texte numérisé non relu

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C’est ainsi que je passai des plus épaisses ténèbres à la merveilleuse lumière.

« Dès lors, Monsieur, je sentis naître dans mon cœur un vif désir de faire connaître à mes frères la perle de grand prix que j’ai moi-même trouvée; en un mol, ce désir était (et est encore plus fort que jamais) d’être missionnaire. Je savais que c’était pour mes parents, et particulièrement pour ma chère mère, un douloureux sacrifice; aussi j’en fis le sujet d’ardentes prières pendant deux mois, demandant sans cesse au Seigneur de me faire connaître clairement sa sainte volonté, de disposer mes parents et de leur donner la force de faire ce grand sacrifice. Eh bien! Monsieur, mes prières furent exaucées au delà de mon attente. Le dernier jour de ces deux mois (3i octobre), je reçois une lettre de mes parents qui me disent que non seulement c’est avec joie, mais de tout leur cœur qu’ils me sacrifient au service du Seigneur. Celte lettre, Monsieur, est pour moi un message du Seigneur qui me fait clairement connaître sa volonté sainte. Me voici donc. Oh! que le Seigneur fasse de moi ce (pii lui semblera bon ! Mon cœur brûle du désir d’aller annoncer à mes frères la grande nouvelle du salut et de les amener repentants au pied de la croix du Sauveur.

« Les rapports des Missions de Paris m’ont tant touché qu’il me tarde d’entrer dans celte belle carrière des missions et de travailler, avec l’esprit du Seigneur, à dissiper les épaisses ténèbres du paganisme, l’ignorance et la superstition, dont les pauvres sauvages, qui sont nos frères, sont les malheureuses victimes, et à démolir les forteresses de Satan pour avancer le règne de Dieu. Je suis bien misérable, hélas! et par moi-même bien incapable d’entreprendre une telle œuvre, car je 11e suis qu’un pauvre et faible pécheur; mais le Seigneur est fidèle : abandonnerait-il ses ouvriers? Oh non! mais il travaille toujours avec eux, et,

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F. COILLARD

par son Saint-Esprit, il les rend vainqueurs de tout obstacle.

« Maintenant, Monsieur, j’ose me présenter à vous et me recommander à votre bonté. Je serais si heureux, si heureux de pouvoir faire les études qui me sont nécessaires, et, pour cet effet, je me permets de vous demander une place dans votre école des Missions.

« J’ai déjà dix-huit ans passés; je suis peu avancé, il est vrai; mais, moyennant les secours du Seigneur, je pourrais faire quelques progrès. Le temps est d’autant plus précieux qu’il coule rapidement, et chaque instant de retard est un instant perdu que l’on aurait pu employer à l’avancement du règne de Dieu.

« Je ne suis pas riche, je suis même très pauvre et mes parents le sont aussi. Je ne possède rien ; mais, Monsieur, que ma pauvreté ne soit pas un sujet de refus. La moisson est si grande et je serais si heureux de pouvoir grossir le petit nombre d’ouvriers qui y sont déjà employés. Notre Seigneur Jésus-Christ était pauvre aussi, puisqu’il n’avait pas un lieu pour reposer sa tête, et cependant il allait de lieu en lieu faisant du bien. Oh! Monsieur, veuillez donc, pour l’amour des Missions, m’admettre bientôt dans votre école et puissé-je bientôt entrer dans le vaste champ du Seigneur.

« C’est là le vœu ardent et sincère de mon cœur, et pour cela, je serais si heureux de faire à mon cher Sauveur le sacrifice de ma chère patrie, de mes bien chers parents et de ma vie, à ce bon Jésus qui m’a aimé jusqu’à souffrir sur la croix pour moi.

« Je m’en remets tout entier à votre bonté, Monsieur, et que le Seigneur veuille exaucer les ardents désirs de son pauvre enfant, et vous montrer clairement ce que vous avez à faire.

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