‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 53 sur 138 · RÉUNION DE LA TOURNE · texte numérisé non relu

RÉUNION DE LA TOURNE

seul voile était que les darbystes avaient dédaigneusement refusé de se joindre à nous et que, sous la présidence de M. Darby lui-même, ils tenaient, en même temps, une réunion sur une montagne voisine. Gela ne contribua pas peu à m’éloigner d’eux et à me délivrer, une fois pour toutes, de la fascination qu’ils avaient exercée sur moi.

Revenu au Magny au milieu de juillet, C.oillard reprit ses études. Voici, d’après les rapports adressés par M. Jeanmaire au Comité de Paris, quel en était le cours :

3o avril i853. — « Durant les quinze derniers jours d’avril, Coillard s’est appliqué exclusivement à l’élude du latin, excepté le dimanche et le samedi après-midi. Nous avons, de cette manière, parcouru, au pas de course, la première partie du rudiment de Lhomond et 1111e partie de la syntaxe. Je suis très content de l’application et de l’intelligence de mon élève : outre les i5o ou 160 pages de grammaire qu’il m’a récitées, il a, sans trop de fautes, traduit une cinquantaine des exercices de cette même grammaire et fait l’analyse écrite et raisonnée du premier chapitre de l’évangile selon saint Jean, version de la Vulgate, chapitre qu’il a aussi en grande partie appris par cœur. Si la latinité de la Vulgate n’est pas des plus classiques, elle a au moins l’avantage d’être à la portée des commençants : c’est ce qui me l’a fait choisir. Nous continuerons à la conserver comme livre de lecture, attendu qu’elle contient la Parole de Dieu. Mais, pour l’étude du latin, nous entreprendrons, dès la semaine prochaine, l’explication du De Viris. Je ne pense pas commencer le grec avant que mon élève ait suffisamment digéré ses déclinaisons et ses conjugaisons latines.

« Comme ces études élémentaires tendent parfois à dessécher le cœur, j’ai cru devoir réserver au moins une partie du samedi pour des études d’une autre nature, quoique je n’aie point encore de plan bien arrêté. En attendant, j’ai remis à Coillard, pour cet objet, Y Essai sur le Pentateuqae et Le Tabernacle de Guers. »

28 juin. — « Depuis ma dernière lettre, nos études n’ont éprouvé aucune interruption notable, le zèle de notre jeune ami s’est bien soutenu et je suis très content de ses progrès. Nous avons, dans

F. COILLARD

ces deux mois, analysé une partie du De viris (savoir l’histoire des rois et le commencement de celle des consuls de Rome) et expliqué, dans Cornélius Nepos, les biographies de Miltiade, de Thémistocle et d’Aristide, ainsi que le commencement de celle d’Annibal.

« En attendant que nous puissions lire ensemble le texte original de la Parole de Dieu, nous lisons tous les matins une portion des psaumes dans la Vulgate, bien que la latinité de cette traduction de la Bible soit la moindre de ses défectuosités. Dans cette lecture, nous sommes arrivés au psaume xl. Bientôt, s’il plaît au Seigneur, nous remplacerons cette lecture par celle du Nouveau Testament grec. Votre élève a commencé cette langue, le i5 de ce mois, et il en étudie en ce moment les verbes. En même temps, il traduit les exercices de la grammaire de Vaucher, et il apprend les mots du vocabulaire attenant.

« Quelque aride (pie soit ce genre d’étude, il s’y prête de bon cœur en regardant au divin Maître qui l’encourage et qui l’aide.

« Conformément à vos indications, nous avons cru devoir nous renfermer dans l’étude des langues anciennes. Sauf quelques conseils et quelques directions, j’abandonne les autres objets aux études individuelles de Coillard. Ce dernier est impatient de savoir dans quelle école votre Comité le fera entrer l’hiver prochain. Certainement, une école spéciale, une « école des missions » serait préférable à toute autre. Toutefois, lui et moi, nous nous en rapportons entièrement à votre sagesse. »

M. Jeanmaire charge son élève du rapport du mois de juillet.

« Je me trouve maintenant, écrit Coillard le 29 juillet, dans une nouvelle carrière, hérissée pour moi, plus que pour tout autre, de nombreuses difficultés ; car ces études ne sont certes ni trop douces ni trop faciles pour un pauvre campagnard qui les entreprend à l’âge de dix-neuf ans. Mais c’est au nom du Seigneur, à qui toutes choses sont possibles, que je les entreprends.

« Mes études sont loin d’avancer aussi vite que je le désirerais ; cependant, grâces en soient rendues au Seigneur,

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