‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 62 sur 138 · UNE RÈGLE DE VIE · texte numérisé non relu

UNE RÈGLE DE VIE

fragments qui nous initieront à sa vie à Paris. Ce journal, commencé le ier janvier 1 854 > débute par une sorte de règle de vie :

/cr janvier i854 • — Comptant et m’assurant uniquement sur les secours de la grâce et du Saint-Esprit de mon Dieu, j’ose m’engager devant Lui, en commençant cette nouvelle année :

1. A me proposer toujours l’Eternel devant moi afin que tout ce que je ferai soit selon sa volonté, tourne toujours à sa plus grande gloire et à l’avancement de son règne.

2. A m’observer moi-même beaucoup plus que je ne l’ai fait jusqu’à présent, afin de ne point donner de lieu au diable.

3. A rechercher aussi plus souvent l’intime communion de mon Sauveur ; pour cela je me retirerai seul, autant que possible, pour vaquer à la prière.

4- Je fuirai la légèreté, l’orgueil et toutes les tentations qui pourraient m’entretenir dans quelques-uns des mauvais penchants qui me sont particuliers. Pour cela je sens ma profonde incapacité; mais, Seigneur, je crie à toi!

5. Evitant avec le plus grand soin de me mettre en colère, je m’étudierai chaque jour à pratiquer une douceur et une charité chrétiennes telles que les demande le Seigneur dans sa Parole sainte.

6. En un mot, je désire vivre d’une vie plus réelle, plus vivante que je n’ai vécu jusqu’ici, vivre de cette vie cachée avec Christ en Dieu qui ne sait se manifester au dehors que par des actions et non par du bruit.

Une pénible expérience m’a convaincu d’une chose, c’est que je ne dois m’attacher intimement à aucun ami terrestre, et même éviter avec soin cette intimité. Aimer mon Sauveur et mon Dieu, 11e vivre que pour Lui seul, m’anéantir en Lui est le désir sincère et le plus ardent de mon âme.

Si je sens tellement le besoin de n’avoir plus d’amis, je sens aussi celui de rendre plus rares mes correspondances. Je n’écrirai donc jamais plus de deux lettres par mois (sauf en cas rarement exceptionnels). Dans mes lettres je ne jaserai plus sur la vie chrétienne, comme je l’ai fait jusqu’à présent. Je les ferai aussi brèves que possible et sans ouvrir mon cœur. Quand j’écrirai à mes chers parents, je leur parlerai très modérément des sentiments qui m’animent à leur égard. Mais si je désire que mes lettres soient moins chrétiennes, je désire qu’elles émanent d’un cœur plus pieux.

Je n’écrirai jamais de lettres sans m’y être préparé, au moins quelques jours avant, par la prière, et leur envoi sera encore accompagné de prières. En recevant une lettre, je la déplierai devant le Seigneur.

Enfin, par correspondance ou par d’autres moyens, je ferai du bien à mes parents, à mes amis et à tous ceux qui m’entourent, autant qu’il sera en mon pouvoir et sans négliger aucune occasion.

Je désire employer mon temps d’une manière agréable au Seigneur, en dissipant le moins qu’il me sera possible, et avant toujours en vue la grande vocation à laquelle le Seigneur a bien daigné m’appeler.

Maintenant, la prière fervente que j’adresse au Seigneur est que ces résolutions prises au commencement d’une nouvelle année ne soient pas comme tant d’autres, c’est-à-dire vaines et frivoles. Pour cela daigne, ô mon Dieu, enlever mon méchant cœur de l’année passée et me donner un cœur tout entièrement nouveau, rempli de ton Esprit saint, Esprit de lumière, de sagesse et de prière. Amen !

« Mes dimanches ne sont pas si bien employés que les vôtres, écrit Goillard (26 janvier) à ses amis du Magny. Si quelqu’un a dit, en parlant du Magny : « On 11’y a pas le

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