‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 73 sur 138 · BON POUR LE SERVICE · texte numérisé non relu

BON POUR LE SERVICE

s’engageait à avertir le Comité dès qu’il sentirait faiblir sa vocation missionnaire.

Quant à la conscription, il devait passer encore par ce qui n’était plus pour lui qu’une formalité, par le tirage au sort.

« Je désirerais beaucoup être libéré par le sort, écrit-il à M. Grandpierre (5 mars 1 855), et rendre par là inutile le certificat de M. le Doyen, qui loyalement ne devrait pas me revenir, à moi, élève missionnaire et n’étudiant que pour les missions. »

(. Autobiographie .) — Le jour du tirage arriva, j’eus un bon numéro, et, lors même qu’au conseil de révision je fusse déclaré « bon pour le service, » je ne fus pas appelé à servir sous les drapeaux; je n’avais aucun engagement envers le gouvernement. De toutes manières, j’étais libre et ma vocation était sauvegardée. Je n’avais jamais douté qu’il en lut autrement. Pendant que, mêlé à une foule de jeunes, j’étais à attendre dans l’antichambre du Conseil, j’étudiais, comme tout le monde, les physionomies de ceux qui entraient dans la salle ou en sortaient. Et comme la porte s’ouvrait constamment, ce n’est pas avec indifférence que nous entendions un des officiers crier à l’intérieur : « Bon pour le service! » ou cc Pas bon pour le service! » Transposant mes réflexions dans un domaine plus élevé, je ne pouvais concevoir une cause de tristesse et de douleur plus grande que celle que j’éprouverais dans le cas où Jésus, mon divin Maître, pourrait dire d’un de ses conscrits comme moi: « Pas bon pour le service. »

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