‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 74 sur 138 · ÉTUDES A STRASBOURG · texte numérisé non relu

ÉTUDES A STRASBOURG

Travail pour le baccalauréat. — Un danger. — Plus d’amis ! — Luttes intérieures. — La vie à Strasbourg. — Travail et prière. — Echec au baccalauréat. — Départ pour Paris et Asnières. — Lettre à M. Jeanmaire.

Coillard est donc installé à Strasbourg; il est inscrit, pour la forme, au Séminaire, mais il suit les cours du Gymnase. Jusqu’en mai 1 855, cependant, il y eut quelque hésitation; puisqu'il n’avait plus rien à craindre pour la conscription, devait-il rester à Strasbourg? Ne pouvait-il pas rentrer à Balignolles ? Le Comité décida (2 mai) d’attendre pour le rappeler à Paris la réouverture de la Maison des Missions et le retour d’Afrique de M. Eugène Casalis qui devait, remplaçant M. Grandpierre, en être le nouveau directeur.

« J’espère et je désire, écrit Coillard dans son journal, que le Comité jugera bon de ne pas me laisser achever à Strasbourg des études théologiques longues, coûteuses et dangereuses. »

« Maintenant que j’ai quitté Paris, grâces à Dieu, j’espère que je me retrouverai plus souvent et plus réellement en face de moi -même et de mon Dieu, écrit -il à ses amis du Magny, le 28 décembre 1 854 • Je n’aime pas les pensions ; et ce n’est pas à cause de la discipline, car il en faut

une, mais c’est parce que l’esprit général vous domine et qu’il est bien difficile de se singulariser, plus difficile encore de pouvoir faire cette prière de cabinet agréable au Seigneur.

« Mais enfin, laissons les pensions et tout ce qui en dépend ; je suis maintenant à Strasbourg, tranquille comme un roi (si, sans en avoir les soucis, j’en avais les ressources), et c’est de mon chez moi que je vous écris. »

M. Buissonnas trace à l’élève qui l’a quitté si brusquement son programme (4 janvier 1 855) :

« J’ai assuré au Comité qu’en dix-huit mois j’espérais que vous pourriez être bachelier et avoir une demi-bourse et qu’alors vous pourriez donner des leçons et pourvoir en partie à votre entretien. C’est à vous, cher ami, à faire des efforts immenses pour que vous soyez prêt à cette époque à faire votre examen; employez-y toutes vos forces et votre temps.

« Une grande tentation est sous vos pas, je ne dis pas pour le moment présent mais pour l’avenir, celle de devenir pasteur plutôt que missionnaire. Mais c’est une tentation perfide qui viendra de l’esprit du Malin et non de Dieu et vous avez à vous tenir en garde pour la repousser, si jamais elle se présentait à votre esprit, de quelque couleur séductrice qu’elle puisse se parer. Vous avez été mis à part pour l’œuvre des missions ; c’est la Société des Missions qui vous a donné toutes les connaissances que vous possédez; c’est elle qui, malgré tant de motifs contraires, vous soutient encore, pourvoit aux frais futurs de vos études. Vous lui devez, conformément à vos promesses, vos forces et votre vie; j’aurais, pour ma part, un amer regret d’avoir poussé, comme je l’ai fait, la Société à vous garder comme élève, si je vous voyais chanceler dans votre vocation. Tenez-vous donc ferme, priez sans cesse pour que Dieu affermisse la vocation de votre cœur. Le monde sera pour vous le pastorat en France; gardez-vous d'un regard de convoitise vers le monde. »

« Vous rencontrerez des tentations de tout genre, lui écrit d’autre part M. Hocart (3i janvier 1 855), mais elles auront peu de prise sur vous, si vous persévérez dans la prière, si vous vous proposez toujours l’Éternel devant vous, si sa face luit continuel-

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