TRAVAIL POUR LE BACCALAUREAT
lement sur vous et si, chaque jour, vous croissez dans la sainteté. Ne vous laissez pas décourager en voyant d’autres gens plus avancés que vous en connaissances ; la piété est utile à toutes choses. Avec le secours de Dieu vous pourrez vaincre tous les
Strasbourg — Maison habitée par Coillard
obstacles. Que tous vos travaux soient sanctifiés par la Parole de Dieu et par la prière. Dieu ne peut-il pas développer votre intelligence et hâter vos progrès dans les études en réponse à vos prières ? Voyez dans Hébreux xi, quelles merveilles ont été accomplies par la foi. Lisez souvent ce beau chapitre, mon bien cher jeune ami.
« J’ai connu un cultivateur pieux que des voisins mondains
igO F. COILLARD ENFANCE ET JEUNESSE
blâmaient de ce qu'il perdait beaucoup de temps à visiter les malades ; sa réponse était : « J’ai la foi que Dieu m’exauce lorsque je lui demande la force de faire en cinq jours et demi ce que d’autres font en six, et ainsi je puis consacrer une demi-journée par semaine à la visite des malades. » Dieu ne peut-il pas vous donner de faire, en trois ans, les études auxquelles d’autres mettent cinq ou six ? Priez beaucoup pour vos progrès. »
(Autobiographie.) — Mon séjour à Strasbourg, quoique bref, ne m’en a pas moins laissé de grands souvenirs. Vivant en face de la maison du vénérable professeur Cuvier, je reçus immensément de bien, tant de mes rapports privés avec lui que de ses prédications. Je m’associai de cœur à son école du dimanche. Nous avions aussi à Strasbourg, outre l’Union chrétienne de jeunes gens, des réunions d’étudiants. Les plus intéressantes pour moi étaient celles qui se tenaient, une fois la semaine, chez M. Fréd. Monnier où se discutaient surtout les questions de théologie. C’est intéressant et mélancolique tout à la fois, à quarante ans de distance, de voir le chemin parcouru par ceux qui en étaient membres et que ces questions passionnaient et divisaient déjà. Cédant aux instances de quelques amis, je me joignis aussi à une société littéraire. On y lisait des travaux, on les discutait ; mais, peu à peu, le caractère s’en altéra ; on commença des tableaux vivants, très innocents du reste, puis de petites comédies en action, puis le genre bouffon s’y insinua. Je rompis.
Peut-être poussai-je parfois trop loin mes scrupules. M. Schimper, un distingué professeur d’histoire naturelle, homme vénérable à cheveux blancs, voyant l’intérêt intense que je prenais à ses leçons, m’offrit des leçons privées le dimanche matin. J’acceptai d’abord et allai chez lui régulièrement. Très enthousiaste de sa science, et en faisant son unique religion, il prolongeait volontiers sa leçon au