‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 79 sur 138 · TRAVAIL ET PRIERE · texte numérisé non relu

TRAVAIL ET PRIERE

nière page : « Mon Dieu, souviens-toi des pauvres païens que j’aime l. (Strasbourg, mai 1 855 .) »

Mardi 2Q mai. — Hier soir je suis allé à la synagogue et j’en suis sorti le cœur brisé de douleur. C’est peut-être la première fois que j’ai senti un véritable amour, une pitié réelle pour le peuple de Dieu.

Jeudi 7 juin i855. — Je suis découragé pour mes études; je voudrais me présenter au mois d’août, mais il est impossible que je sois prêt.

Samedi a3 juin. — 11 s’agit de prendre une grosse résolution: dois-je ou non me présenter au bachot?...

J’ai prié d’une manière toute spéciale pour mon examen d’août, j’ai tiré par le sort, et deux fois j’ai amené le mois d’août. Je ne crois pas tenter Dieu.

Dimanche 2 £ juin. — Je viens de chez G. Une explication était devenue nécessaire. 11 m’a fait une longue et interminable réprimande sur mon caractère mélancolique et mystique qu’il blâme. H y a beaucoup de vrai dans ce qu’il m’a dit. Par exemple, il est vrai que je sais gémir, mais non combattre et agir, que je n’ai pas une foi virile, nerveuse, que je suis trop souvent mécontent de moi-même, que je vois tout en noir; mais il ne me comprend pas encore en tout point; il m’attribue des défauts et des qualités qui ne sont pas miens.

Il y a déjà longtemps qu’il me faisait attendre une dissertation sur le danger de la lecture des livres de piété ; il se trompe grandement en croyant que je suis passionné pour celte lecture et que j’y trouve tout mon bonheur. Mais cependant, je veillerai; c’est une réprimande fraternelle, un appel que je ne négligerai pas.

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