‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 82 sur 138 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

PREMIERS TRAVAUX D’ÉVANGÉLISATION asnières i 855-i 856

Études d’exégèse et d’homilétique. — Évangélisation. — Leçons de chant. — Souvenirs d’un voisin. — Un sermon improvisé. — Lutte et prières pour une conversion. — Vie à Asnières. — Suffragance. — Départ pour Paris.

De Paris qu’il ne fit que traverser, Coillard vint à Asnières. Mais que devait-il faire après cet échec ? Reprendrait-il ses études à Strasbourg ou à Batignolles, et, pour s’y préparer, irait-il, durant les vacances, travailler à Glay ou au Magny ? Resterait-il à Asnières? Toutes ces diverses alternatives furent examinées. Coillard désire rester à Asnières. Non pas que sa famille fut, pour quoi que ce soit, dans ce désir. « Certainement j’aime mes parents, écrivait-il au Comité (23 août 1 855), je suis heureux de me trouver près d’eux; mais ce n’est point ce bonheur-là que je recherche; le sacrifice en est fait et ce serait une humiliante chute qu’une telle arrière-pensée, pour passer quelques instants de plus avec des parents que je sais devoir quitter bientôt. Non, non, point de dissimulation. Mon désir est toujours le même, et, grâce à Dieu, ma vocation ne chancelle pas, au contraire. »

S’il désire demeurer à Asnières c’est pour partager son temps « entre les écoles, écoles du dimanche surtout, les réunions de jeunes gens, de chant et d’édification et les visites. »

« C’est à cela que j’étais occupé l’année dernière, écrit-il à M. Grandpierre, lorsque la main du Seigneur m’a arrêté et

F. COILLARD

couché sur un lit de maladie. J’ai vu et je me suis convaincu qu’en travaillant avec humilité et avec l’esprit du Seigneur, je pouvais faire beaucoup sous la direction du pasteur, M. Filhol. Ap rès tout, ma vocation préparatoire ne consiste pas seulement dans les livres, et assez longtemps ma vie a semblé y pâlir et y languir; il me faut agir, pratiquer

Asnières — L’Aujonnière

maintenant, commencer ma carrière active et je ne crois pas que ce désir soit de la présomption.

« Asnières est mon église, elle se trouve sans vie et heureux serais-je de seconder, selon la faiblesse de mes forces, les serviteurs de Dieu qui y travaillent.

« Jusqu’à présent, je n’ai qu’entrevu ma vocation; il me tarde de la saisir. Je ne suis encore qu’un missionnaire en désir, en projet; il faut que je le devienne, et au plus tôt. Partout on demande du secours. Je suis jeune sans doute, je

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