ETUDES DE THEOLOGIE
n’ai que vingt et un ans; mais c’est égal; si mon âge et mes moyens me sont un obstacle trop sérieux, que je sois, sinon missionnaire, du moins aide, peu importe le nom sous lequel je dois travailler dans la vigne de mon Dieu.
« Maintenant je désire une chose encore, la réouverture de
Asnières en été
la Maison des Missions, et alors mes études, grâce à Dieu, changeront de nature.
Le Comité décida qu’en attendant la réouverture de la Maison des Missions, Coillard resterait à Asnières, où il pourrait, sous la direction du pasteur Filhol, commencer ses études de théologie. Études d’une part, évangélisation de l’autre, tel était le programme qui lui était tracé.
Coillard était arrivé à Asnières vers le milieu d’août.
F. COILLARD
F. COILLARD
[Autobiographie .) — A cette époque, le Comité avait décidé de rouvrir la Maison des Missions et, pour la diriger, il avait rappelé d'Afrique M. Eugène Casalis. II ne devait donc plus être question pour moi de retourner à Strasbourg. Des arrangements furent faits avec M. Filhol, un homme distingué, alors pasteur à Bourges, pour qu’il me poussât dans mes études jusqu’à l’ouverture de la Maison. Avec lui je m’occupai surtout d’exégèse et d’homilétique.
Coillard fait de l’hébreu, mais il lui manque des livres : une Bible hébraïque et un dictionnaire qu’on lui enverra de Paris. « Je me sers de la grammaire traduite de Gesenius, écrit-il; j’étudie en ce moment le cours de religion de Fabre, j’espère bien qu’il ne m’occupera pas tout l’hiver. »
« Je suis très coûtent de lui, écrit le pasteur Filhol à M. Grandpierre (22 janvier i856), il ne perd pas son temps et travaille consciencieusement. Je fais avec lui de l’hébreu. Outre cela, je lui fais analyser beaucoup de sermons et surtout ceux de Bossuet, qui seront toujours les vrais modèles de la prédication et de la science théologique réunies. Il analyse aussi les Lettres à une mère chrétienne de Moulinié. Cela l’intéresse plus que Fabre qui est très incomplet comme théologien et très sec. Vous lui aviez recommandé, je crois, de faire un peu d’histoire ecclésiastique, mais je n’ai à la maison que Mosheim et c’est un ouvrage si ennuyeux que j’hésite à le lui mettre entre les mains. Il y aurait de quoi dégoûter à tout jamais de l’histoire ecclésiastique.
« A côté des études, il s’occupe aussi de choses utiles. Nous faisons de temps en temps des visites dans le troupeau et il tient tous les dimanches soir une réunion chez lui. Elle a été très suivie jusqu’ici et il ne s’en tire pas mal du tout. »
Et bientôt, ce travail d’évangélisation se développa à tel point que Coillard pouvait écrire à un ami (4 avril i856) :
« Je n’ai pas une seule soirée de libre : deux seulement sont employées à mes leçons chez M. Filhol, une autre à recevoir quelques visites particulières chez moi et toutes