‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 88 sur 138 · DEPART POUR PARIS · texte numérisé non relu

DEPART POUR PARIS

jouira, avec les anges de Dieu, d’une grande joie, lorsqu’il aura le bonheur d’apprendre que quelques âmes se seront enfin franchement décidées à aimer, à servir et à glorifier le Seigneur. »

Quelque temps après, le 6 mars 1807, regardant en arrière, Coillard écrivait à M. Jeanmaire :

« Mon séjour à Asnières a été pour moi une source d’humiliation ; je croyais tout ce temps perdu, et pour moi et pour les autres; maintenant je vois que, s’il a peut-être été sans fruits pour l’église d’Asnières, il n’a pas peu contribué à me préparer à ma vocation. »

A peine arrivé à Paris, Coillard apprit qu’un de ses beaux-frères, qu’il avait laissé très malade, était mort le 7 novembre; il y avait des affaires de famille à régler.

28 novembre 1806. — Force me fut de retourner à Asnières; ma foi y passa au crible, le diable parvint à mettre ma vocation en jeu, mais le Seigneur gagna la cause et donna une nouvelle sanction à ma vocation. « Espérer contre toute espérance, marcher par la foi et non par la vue », telle devrait être toujours notre devise.

( Autobiographie .) — La nouvelle Maison des Missions était à Passy; nous y arrivâmes presque tous en même temps (ier novembre). Nous venions de tous côtés, l’un d’Allemagne, un autre d’Angleterre où il avait séjourné, d’autres de Suisse, les autres du centre, du midi de la France et de Paris même. La plupart d’entre nous avaient déjà quelque expérience de la vie, et quelque connaissance pratique de l’évangélisation. Il ne fallut pas longtemps pour apprendre à nous connaître et à nous aimer. Nous étions huit. C’étaient Mabille et Rau d’Yverdon, Frédéric Ellenberger de Suisse, Rouhon de Paris et moi ; un peu plus tard arrivèrent Bau-

F. COILLARD

F. COILLARD

mann de Francfort, Bonhoure du Midi, et Eugène Gasalis, le fils du directeur. Après les deux ou trois premiers jours nécessaires pour faire connaissance les uns avec les autres, M. Casalis s’enquit de nos âges respectifs pour désigner nos places à table, etc. A son grand étonnement, il découvrit que moi, qui paraissais être un des plus jeunes, j’étais précisément l’aîné de tous.

Lors de l’arrivée des élèves, l’installation de la Maison des Missions n’était pas terminée ; il y avait encore à transporter dans le nouvel immeuble beaucoup d’objets restés à la rue de Berlin, dans les anciens locaux de la Société. « Vous déménagerez le musée », dit un jour M. Casalis aux élèves : « Mais comment ?» — « C’est votre affaire. » Alors Boulion proposa de faire une procession, chacun portant un objet : « Mais surtout ne riez pas » recommanda-t-il à ses camarades. Ainsi fut fait ; chacun portait un objet, la procession se fit avec le plus grand sérieux, et ceux qui la rencontrèrent n’osèrent pas se moquer ; un élève portait un singe, un autre un serpent, Coillard portait un grand oiseau.

Ellenberger Baumann Bouhon Eug. Casalis fils Mabille

Bonhourc

Rau Eug. Casalis Coillard

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