‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 90 sur 138 · Hermann Dieterlex, Adolphe Mabille, p · texte numérisé non relu

Hermann Dieterlex, Adolphe Mabille, p

personnel et cordial qu’il éprouvait pour « ses Bassoutos ». Il avait pour eux des entrailles de père, parce qu’il avait été leur père en la foi et qu'il avait été, au point de vue social et politique, un de leurs créateurs. Il les avait aimés, il les aimait encore, non d’un amour théorique et exclusivement chrétien, mais de cœur et en homme jouissant de leur société, de leur commerce, de leur caractère et de leur attachement, et n’éprouvant pas à leur égard cette espèce d’éloignement instinctif qui souvent creuse entre blancs et noirs un fossé, ou même un abîme. Dire aux futurs missionnaires qu’il faut aimer ainsi les païens, et chercher parmi eux ces pères et ces mères, ces frères, ces sœurs et ces amis que Jésus a promis à ses serviteurs, en échange de ceux qu’ils devraient quitter pour l’amour de son nom, c’était leur donner le secret du travail patient et fidèle, la clef de cœurs très difficiles à ouvrir et les germes de la charité qui croit tout, espère tout et supporte tout. »

Telle était l’influence à laquelle Coillard fut soumis. C’était bien là qu’il devait trouver cette « école missionnaire » et ces « études missionnaires » qu'il avait si longtemps et si ardemment désirées, cette « maison missionnaire où l’on ne prépare que des missionnaires et non des bacheliers. »

A coté de M. Casalis, sa sœur M1Ie Henriette Casalis, « remplissait les fonctions de maîtresse de maison, et le directeur aimait à lui confier temporairement la surveillance de la maison, lorsqu’il devait s’absenter *. »

[Autobiographie .) — C’est en ma qualité d’aîné et comme représentant de mes condisciples que, le 27 novembre 1 856 , je pris part, par une prière, à l’ouverture officielle de la Maison, présidée par M. Grandpierre, l’ancien directeur de la première maison, rue de Berlin.

Dans une lettre (28 novembre 1 856), Coillard raconte brièvement cette cérémonie :

« On fit tout simplement une réunion. Le salon était en-

Page 1