F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
d’effroi et se jette à terre pour prier pour moi. M1,e Kiener s’agenouille en pleurant et prie auprès du lit ; Waddell donne un libre essor à sa douleur.
Mais, après ce premier éclat, tout est calme. Pleurant, priant, nous veillons. Pas de lutte, pas d’effort, pas de contraction, rien. La respiration devient plus faible, plus faible encore, irrégulière ; à io heures du matin, elle cesse doucement et ma bien-aimée est partie.
Mercredi 28 octobre i8gi. — Texte du jour : Il a bien fait toutes choses (Marc vii, 37). Ma bien-aimée m’a quitté ce matin pour le ciel. O mon Dieu, soutiens ma pauvre foi ! Je le sais, malgré ma douleur, oui, mon bon Père, tu fais bien toutes choses, même celles que je ne comprends pas.
Ainsi se terminèrent en pleine paix ses trente années de vie conjugale et de mission, trente années de travail, de voyages, de souffrances, trente années de bonheur et de bénédictions. Ainsi prirent fin, en pleine paix, ses sept années vécues au Zambèze. Pour elle, ce pays a été le pays du devoir et de la souffrance.
c( Ainsi se termina, aussi, cette vie de neuf jours de maladie1, car ces jours furent pour moi une vie où j’entendais, avec ravissement, ce sublime langage qu’apprennent les enfants de Dieu, quand ils arrivent au seuil de l’éternité, el où je voyais les rayons de gloire échappés par la porte entr’ouverte du ciel. »
Maintenant, pour elle, tout est paix. Mais pour moi, quelle solitude effrayante. O Dieu ! tiens-toi près de moi.
L’enterrement eut lieu le jeudi 29 octobre. Léwanika envoya