‹ François CoillardChapitre 113 sur 282 · IL FAUT DU RENFORT · texte numérisé non relu

IL FAUT DU RENFORT

jeunes gens. Je ne sais pas ce qu’elle donnera, car nous avons eu déjà tant de désappointements et de si amers ! Mais notre prière c’est : « Montre-nous ta gloire ! » Et nous comptons qu’il le fera. »

Au commencement de juillet, Coillard, dont les forces revenaient peu à peu, fit à Léalouyi une visite au cours de laquelle remplacement de la future station fut définitivement fixé. Mais si l’œuvre s’étendait, il fallait de nouveaux missionnaires, un nouveau renfort.

« Faut-il taire les besoins de la mission1 *? Allons-nous fermer les yeux et nous croiser les bras? M. Dardier n’est plus; les Jeanmairet, à leur grand chagrin, sont perdus pour le Zambèze; Aaron et Lévi sont retournés au Lessouto. Et cependant les portes sont encore ouvertes devant nous et le temps presse. Sommes-nous déterminés, oui ou non, à faire l’œuvre que notre divin Maître nous a assignée, quelques sacrifices- qu’elle nous coûte. Nous contenterons-nous de la gloire d’occuper et d’accaparer un champ que d’autres envient et que nous n’aurions ni la force, ni la foi de cultiver?

« Frères bien-aimés, donnez-nous du renfort! Jeunes gens chrétiens, accourez à notre aide! Pères, mères qui priez chaque jour pour que le règne de Dieu vienne, mettez, oh! mettez vos Isaac sur son autel; consacrez-lui vos Samuel! Donnez-nous dix hommes d’élite, dix hommes choisis et appelés de Dieu, dix hommes dont la foi ne repose pas sur le sable mouvant, mais sur le Rocher des siècles : Jésus mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification. Aller à la guerre, ce n’est pas une plaisanterie, mais le but

i. Lettre aux amis de la Mission, Séfoula, 3ojuin 1892, impr. dans

F. CO ILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

est glorieux et la victoire est assurée. Plutôt succomber que de déserter le poste, l’un des postes avancés de l’armée conquérante du Roi des rois. Nous montons à l’assaut de la forteresse, nous nous tiendrons sur la brèche, nous y planterons l’étendard de la croix. Une poignée de soldats, dix hommes du type d’Étienne et la journée est à nous. »

A ce propos, Coillard écrivait à Alfred Boegner ( 1 5 juillet) :

« En lisant mon appel pour dix missionnaires vous direz que c’est de l’audace. Ne dites pas cependant que ce n’est qu’un coup de tambour. Il est journellement porté au Trône de la grâce. Il faut qu’il soit entendu.

« C’est au Maître d’abord qu’il s’adresse, d’après ses propres injonctions : « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » S’il fait de grandes choses, il peut aussi envoyer une grande armée pour les publier. Il n’est pas pauvre. Ayons pitié de ceux qui ne sont pas dévorés d’envie d’être reçus à son service, il n’en est pas de plus glorieux. Cela nous fait du bien de voir combien le zèle apostolique s’est réveillé en France. Je crois que mes compatriotes chrétiens n’ont pas encore conscience de leur force et de leurs ressources. Il en est qui redoutent autant les nouvelles responsabilités pécuniaires pour l’œuvre de Dieu, que moi les souffrances physiques du martyre. Et pourtant je suis convaincu que, si mon Dieu me réserve l’honneur de le glorifier ainsi, il me donnera aussi toute la force nécessaire. Les martyrs, nos pères aussi, étaient des hommes sujets aux mêmes infirmités que nous, mais ils étaient pleins du Saint-Esprit et ne reculaient ni devant le bagne, ni devant la mort, ils ne reculaient devant rien. ))

« Vous dites n’avoir jamais douté de l’avenir de la mission

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