IL FAUT DIX MISSIONNAIRES
du Zambèze1. Merci! Mais il faut que nous fassions un effort suprême pour lui donner de l’élan. Il nous faut du renfort, à tout prix, et cela implique la question des fonds. C’est là surtout ce qui, à mon cri de détresse, vous fera peut-être hausser les épaules, non pas à vous qui êtes un homme de cœur et de foi, mais aux prudents et aux sages. J’en conviens, demander aux pays de langue française dix hommes pour le Zambèze, c’est audacieux, c’est l’impossible pour notre incrédulité. Jésus ne fît guère de miracles dans son propre pays. Mais sûrement, Dieu nous donnera la sagesse pour trouver le moyen d’entretenir cette belle étincelle de zèle apostolique qui a jailli au sein de nos églises. Versons-y de l’huile, elle deviendra une grande flamme. Nous ici nous prions, nous écrivons et écrivons souvent en tremblant; que pouvons-nous faire de plus? Si vous découvrez un moyen, suggérez-le. »
Léalouyi, 8 juillet i8g2. — En me promenant autour de ce village de Léalouyi où grouille une population de maîtres et d’esclaves, tous plus ignorants les uns que les autres, en plongeant le regard dans l’épouvantable corruption qui est un abîme sous nos pieds, en me heurtant à la dureté de ces cœurs, je me sentais profondément attristé et je me demandais, une fois de plus, comment la vérité pénétrerait jamais à travers cette masse de ténèbres et de corruption. Et pourtant, il me semblait entendre la voix de Dieu me dire, comme à Paul à Corinthe : a Ne crains point, mais parle et ne te tais point, parce que je suis avec toi; car j’ai un grand peuple dans cette ville. » (Actes xvm,
Séfoula , 10 juillet. — La foi transporte, non pas seulement