‹ François CoillardChapitre 115 sur 282 · Lettre à Alfred Boegner, 20 juillet · texte numérisé non relu

Lettre à Alfred Boegner, 20 juillet

F. COILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

des coteaux et des collines, mais des chaînes de montagnes. Où est la limite de la foi quand elle saisit la main du Tout- Puissant? Les difficultés d’autrui ne nous apparaissent souvent que comme des collines bleues à l’horizon, parce que nous les voyons de loin. Nos monticules à nous, nos fourmilières sont de grandes montagnes, parce que nous les voyons de près et qu’elles nous concernent personnellement. Aux yeux du Seigneur, dont les cieux sont le trône et la terre le marche-pied, que sont-elles? que peuvent-elles être? O gens de petite foi! O mon Dieu augmente-moi la foi ! Je voudrais croire sans arrière-pensée, sans considérants, prendre mon Dieu au mot.

« Le 17 juillet était un dimanche cette année1. Nous avons eu une journée bien remplie. Le Seigneur aura-t-il exaucé nos ardentes prières et nous aura-t-il donné une âme de sauvée? Nous le saurons un jour. La veille, j’avais passé tout le jour à visiter les villages des environs et nous avions un bel auditoire, très attentif. Pour le moment, il faut nous contenter de semer, d’arroser et de regarder à Celui seul qui donne l’accroissement.

« Depuis trente ans, c’est la première borne de ma route que je passe tout seul, comme un pèlerin attardé et fatigué. Ma bien-aimée, elle, est arrivée.

« L’an passé, il y avait, dans notre petite fête de famille, quelque chose de tout particulièrement doux et solennel qui nous avait saisis. Moi, j’avais ce sentiment indéfinissable que devait éprouver Elisée quand il accompagnait l’homme de Dieu, son maître bien-aimé, dans la dernière étape de sa vie d’ici-bas; elle avait quelque chose de plus qu’un

1. Lettre à Georges Appia, Séfoula, 20 juillet 1892. — Le 17 juillet était le jour de naissance de Coillard.

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