CONVALESCENCE
que je suis bien portant et que je ferme ma porte. Mes garçons sont au fond de la cour, dans la hutte qui leur sert de cuisine ou dans les huttes où ils couchent. Ils ne savent pas ce qui se passe chez moi et, devant moi, c’est la désolation de la plaine et le sentiment poignant d’une affreuse solitude. J’espère que Dieu me rendra les forces et que, petit à petit, la vie reprendra son cours avec son engrenage de devoirs et d’occupations. »
U11 mois plus lard 1 2 :
<c Je suis remis, mais peu fort ; un rien me fatigue. Nous avons commencé une école journalière, nous avons plus de c-ent-soixanle noms sur la liste et elle 11’est pas close. Gela nous donne une moyenne de cent-dix à centdouze élèves, dont un grand nombre de jeunes gens mariés, la plupart attachés au service personnel du roi ou de ses enfants. C’est triste de penser que tout cela pivote sur les dispositions capricieuses de notre pauvre Léwanika. Qu’il lui vienne une lubie, qu’une mouche lui passe devant le nez, et tout s’écroule comme un château de cartes. Tout de même il ne faut pas se décourager, et nous semons sans trop considérer les nuages, sûrs que toute la semence que nous répandons, en temps et hors de temps, ne périra pas.
<t Paul % Jacob et sa femme, ont mis tout leur cœur à cette école dont je leur laisse la responsabilité, mais où j’ai, néanmoins, ma place toute marquée. Ils sont débordés. Il faut s’attendre à une grande diminution, si nous tenons compte du caractère de nos Zambéziens et des circonstances.