‹ François CoillardChapitre 127 sur 282 · LA JUSTICE DES BAROTSIS · texte numérisé non relu

LA JUSTICE DES BAROTSIS

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plus orageux de sa mauvaise humeur, il ait pu résister et 11e pas se laisser arracher son consentement pour nous mettre à mort ou au moins nous chasser du pays et incendier la station. Il est vrai que les chefs d’ici étaient tous pour nous. y>

2 ^ août . — Le vent souffle avec violence, donc le roi ne peut pas venir au lékhotla, il passe son temps à lire avec Séajika et Ngouana-Ngombé ! Pauvre Ngouana-Ngombé ! Quelle image de l’enfant prodigue, avec son habit sale et graisseux, sans chemise ! C’est curieux que je fasse tant d’expériences analogues à celles de saint Paul : Christ prêché par contradiction.

26 août. — J’ai envoyé des instructions pour une commande d’appareil photographique, etc... J’ai beaucoup prié à ce sujet et j’ai la conviction intime que cet appareil travaillera pour la gloire de mon Dieu et pour le faire connaître et aimer. Penser que ces fournisseurs de photographie, qui ne savent probablement rien des missions, inventent et travaillent pour elles! Ce sont les Egyptiens butinés par les Hébreux.

3 0 septembre i8g3. — Ah ! que de fois je me demande pourquoi Dieu a pris ma bien-aimée si active, si utile, et m’a laissé moi, bon à rien! Je lutte, je fais des efforts, je n’aboutis pas ! Serviteur inutile, figuier stérile qui occupe une place où d’autres pourraient porter d’abondants fruits ! J’ai lu ces temps-ci Mackay, Guilmour, Paton, Haslam, etc. Voilà des hommes, des héros! Ces types que j’admire m’attristent et me découragent quand je fais un retour sur moi-même. J’ai besoin de me rejeter sur Jésus, mon Jésus qui me connaît et me supporte depuis si longtemps. Pourquoi le bruit qui s’est fait autour de mon nom ? C’est sans doute parce que j’ai été chez les Banyaïs, parce que nous

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avons été en contact avec Serpa Pinto qui, ayant envers nous une petite dette de reconnaissance, a cru ne pas pouvoir mieux la payer qu’en embouchant la trompette et en publiant mon nom. Puisse ce tapage éphémère ne pas être ma récompense et ne pas me priver de la couronne de vie!

La lecture d’HasIam m’a convaincu une fois de plus que je ne sais pas prêcher. Que ne donnerais-je pas pour voir un réveil !

Coillard craint qu’on ne le mette en avant et qu’à distance on ne le grandisse :

« Vous êtes bien bons, écrirait-il à des amis de la mission1, de me donner une si chaude place dans vos cœurs et dans vos prières, à moi que vous ne connaissez pas. Vous voyez mon ombre, et l’ombre qui se projette à distance est toujours plus grande que la réalité même. »

Peu à peu, les rapports avec le roi redevinrent tout à fait cordiaux.

Un jour (20 septembre), comme Léwanika était à court de vêtements, Coillard lui donna une jaquette en serge blanche, que lui avait faite Mme Coillard.

Sa figure s’illumina, il bondit, enleva sa vieille jaquette et poussa vigoureusement son bras dans une manche :

— Elle est faite pour moi! Ne vois-tu pas? Mais, ajoutat-il, je ne la mettrai pas maintenant. Je la mettrai à mon retour — il projetait une absence — et je serai si transformé qu’on ne me reconnaîtra pas.

— Ah ! Léwanika, lui dis-je, c’est une transformation bien

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