OBÉISSANCE ET FIDELITE
profondément. Et puis quel magnifique réveil de l’esprit missionnaire depuis quelques années ! Gomment n’en pas être frappé, ne pas s’en réjouir et ne pas en glorifier Dieu? Je suis sûr, qu’au grand jour, dans le ciel, plus d’un chrétien humble, inconnu, aura, aux fleurons de la couronne qu’il déposera aux pieds de son Sauveur, de ces diamants noirs que, nous, nous sommes venus chercher et recueillir.
« Quand les Israélites combattaient contre Amalek, n’eûtil pas été faux et injuste d’attribuer la victoire exclusivement à ceux qui se trouvaient dans la mêlée ? Je crois que Moïse en avait sa part et aussi les deux compagnons qui n’ont rien fait d’autre, tout le jour, que de lui soutenir les bras. C’est à ce point de vue que vous vous placez, et c’est le seul vrai, quand vous dites que cette mission est « votre » mission. Eh bien ! prenez, prenons courage.
« Vous bénirez Dieu avec nous de ce que la situation ici s’est merveilleusement améliorée. G’est une transformation qui nous élonne, mais qui ne nous satisfait pas encore, puisque nous ne voyons pas les pécheurs terrassés, comme le geôlier de Philippes, par le sentiment du péché. »
A plusieurs reprises, des bruits alarmants coururent, relatifs à une invasion des Matébélés.
ce Et si les Matébélés avaient en effet envahi la contrée \ que fût-il advenu de ce peuple et de nous? Mais Dieu règne, il est plein de miséricorde. Malgré toute la dépravation de nos pauvres et chers Barotsis, l’heure du jugement n’a pas sonné pour eux. G’est encore le temps de la grâce et nous l’en bénissons. »
i. Lettre d'avril 1894, impr. dans J. M. K., 1894, p. 4?3 ; — Sur le Haut- Zambèze, p. 473.
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F. COILLARD
MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
Coillard n’avait à Loatilé qu’une eau « épouvantable, ayant une odeur d’égout. »
« Nous faisons chercher notre eau dans un étang à une heure d’ici 1 mais nous ne pouvons pas compter sur nos domestiques zambéziens, car il leur arrive souvent de puiser au premier trou venu où tout le monde se lave, où les enfants barbotlent tout le jour et où grouille tout un monde dont nous devinons l’existence sans microscope.
«r Chaque fois que vous savourez l’eau de vos fontaines de cristal, bénissez Dieu. Vous n’en connaissez pas le prix. y>
Il travailla avec Waddell (2-6 décembre) pour forer un puits artésien, cela n’aboutit d’abord qu’à une déception.
6 décembre i8y3. — Ainsi donc le Seigneur me refuse l’eau de ce puits que j’avais tant désirée. Pourquoi? Il le sait, lui.
7 décembre. — Avec le petit tuyau enserré dans le grand, nous avons pu aujourd’hui, à plusieurs reprises, pomper un peu d’eau. C’est une grande amélioration, un sujet de joie et d’espoir.
Dimanche 10 décembre . — Non, mon puits 11e répond pas encore à mon espoir. Il 11e me donne qu’un demi-seau, deux ou trois fois le jour. Je ne crois pas que ce soit un fiasco complet. Dieu qui a fait sortir l’eau d’un rocher pour le service de son peuple, peut faire sourdre de la terre et jaillir ici une source pour le confort de ses serviteurs. J’ai la confiance qu’il le fera. Et cela, lors même que je n’en jouirai pas, moi *.
1. Lettres à Mnie Georges Appia et à M. D. Jeanmairet, Léalouyi, 26 novembre i8g3 et 4 janvier i8g5.