‹ François CoillardChapitre 132 sur 282 · LE PUITS DE LOATILE · texte numérisé non relu

LE PUITS DE LOATILE

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Mais quelque amer que soit le désappointement, je comprends la leçon et je demande à Dieu de bien l’apprendre.

Les visites de Léwanika deviennent constantes ; chaque fois Coillard lui parle ouvertement :

« J’aime ta franchise, lui dit un jour (20 novembre) Léwanika, réprimande-moi pour tout ce que tu vois de mal en moi, tout. — (( Tout, c’est beaucoup, reprend Coillard. Non, je ne te dirai pas tout ce que je désapprouve chez toi, ce serait trop long, mais je te dirai une chose qui 11e te plaira pas, c’est que tu es un homme faible et un roi incapable. »

Je gardai le silence quelques instants, pendant que nous nous scrutions l’un l’autre; puis je continuai et lui montrai par des faits qu’on ne pouvait pas compter sur lui. Il m’écouta et termina en remarquant, comme d’habitude, qu’il est seul et que personne ne l’aide dans la réforme qu’il voudrait entreprendre. Hélas! son cœur ne s’amollit pas encore; pas de signe de conversion !

Ces visites sont longues, fatigantes, mais Coillard ne cède pas à la lassitude. Il prie toujours plus ardemment pour le roi. Puis, voyant que celui-ci tarde à faire le pas décisif, il s’accuse et s’humilie.

26 décembre. — J’ai immensément joui des A.dolphe Jalla et de MIle Kiener1 2. Je ne sais pas ce que je ferai quand ils partiront. Hier soir, après leur avoir souhaité une bonne nuit, je rentrai dans ma chambre et fus saisi d’un affreux sentiment de solitude et de désolation. Hélas! il n’est pas rare ce

1. En 1899, sous les yeux de Coillard, Georges Mercier et Rittener creusèrent un puits à Loatilé.

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