‹ François CoillardChapitre 142 sur 282 · ÉCOLE BIBLIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE BIBLIQUE

l’œuvre gigantesque et bénie de mon bienheureux ami Mabille. A ce titre, il est prétentieux. Ce n’est que le nom toutefois. Je n’ai que quatre élèves. Ce n’est qu’un essai, un petit commencement. Ce n’est certes pas à m’enfermer trois ou quatre heures par jour avec une classe que me portent mes inclinations, loin de là. J’aurais voulu des ailes pour parcourir le pays et publier l’Évangile. Je souffre que nous soyons ainsi parqués, murés chez nous et dans l’impossibilité de voyager. »

Ne pouvant évangéliserau loin, Coillard évangélisait, à la capitale même, ceux qui y résidaient et ceux, très nombreux, qui y passaient; il allait voir, entre autres, la vieille mère du roi, le vieux Narouboutou, chef aveugle, païen, conservateur à tous crins, qui avait une grande influence sur les affaires et sur le roi. « Nous sommes de 'grands amis. » André était toujours là et Coillard passait des nuits entières à prier pour lui.

28 janvier i8q5. — Pauvre Léwanika! il fait tout, excepté de donner son cœur; il va aussi près qu’il peut des frontières de la conversion sans faire le grand pas.

« Un jour, raconte Coillard1, que Léwanika disait en confidence au Ngambéla qu’il ne pouvait pas résister plus longtemps et qu’il devait se déclarer chrétien, le Ngambéla se mit dans une grande colère et peut-être le roi vit-il des menaces dans les remarques qu’il lui fit. Depuis lors, le roi évite d’offusquer trop le parti de l’opposition, il vient plus rarement chez nous, il ne nous envoie presque plus ses salutations ni des cadeaux de viande ; il s’abstient de tout ce qui pourrait donner prise aux ennemis de l’Évangile.

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