A PARIS
Grande réunion à l’Oratoire, comble, une masse de gens debout. M. E. Lacheret, en m’introduisant, et M. Edouard Sautter, en me répondant, ont fait d’admirables discours. Ce dernier surtout a laissé parler un cœur qui débordait. Oh ! combien je me sentais petit, humilié! Moi, j’ai fait un potpourri de ce que j’avais à dire. Gomment se fait-il que je ne parle pas avec la même liberté avec laquelle je prie? J’ai plus peur des hommes que de Dieu. Oh ! si seulement je pouvais sentir que je suis en sa présence, et que j’ai un message de sa part.
Le lendemain, Goillard retournait en Angleterre ; il assistait, à Londres, à une séance jubilaire de Y Alliance évangélique, puis il prenait part à des réunions religieuses à Mildmay, à Exeter, à Guildford et à Keswick ; à propos de ces dernières, il écrivait à M. Jeanmairet 1 :
cc Je ne puis vous dire combien j’ai été béni dans mon âme. De toutes les réunions, celles qui m’ont fait le plus de bien ce sont les leçons bibliques de M. Hubert Brooke. Je n’ai jamais entendu chose pareille. Si vous aviez été là, vous auriez certainement senti, comme moi, que nous connaissons et comprenons peu notre Bible. Ce sont des mines d’or et de diamants que nous ne savons pas encore exploiter. Je parle de moi. »
Goillard était constamment obligé de parler en public, et chaque fois, c’était une humiliation pour lui :
cc Je me sens très fatigué et je le suis depuis plusieurs jours2. C’est, je crois, parce que je ne suis pas à la hauteur