HUDSON TAYLOR GEORGE MULLER
brisée. Si je n’avais pas fait, de ma visite ici, un sujet de prières et si je n’avais pas vu la volonté de Dieu dans les invitations pressantes que l’on m’a adressées, je croirais avoir fait fausse route.
g octobre . — Quelle tentation de penser à soi, en plaidant pour l’œuvre !
Coillard revint à Londres, puis il alla à Bristol, où il rencontra George Muller.
c( En entendant un homme comme George Muller 1 paraphraser l’histoire d’Élie au Carmel, je ne pus me défendre d’un sentiment de désappointement. Je me disais : cc Vraiment, il n’est pas nécessaire d’être George Muller pour dire cela; tout autre pourrait dire mieux. » Mais simples comme elles étaient, ces paroles avaient une puissance irrésistible. Et quand je regardais le visage de ce saint homme, quelque chose me subjuguait. C’était comme Moïse descendant de la montagne, reflétant la gloire de Dieu. Tant il est vrai que ce qu’il y a de réel en nous, c’est moins ce que nous disons que ce que nous sommes. Après tout, marcher avec Dieu, demeurer en Jésus, vivre de sa vie, tout est là : le pardon, la sanctification, la puissance. »
Puis Coillard revint à Paris, où il devait parler à une retraite pastorale. Lorsque Alfred Boegner le lui avait demandé :
« J’ai été ébahi de votre proposition, lui avait-il répondu 2. Comment, moi, parler à vous, les pasteurs de Paris, à des hommes de Dieu comme Appia, Théodore Monod et d’autres,
1. Lettre aux amis de la mission, Paris, 20 novembre 1896, impr. dans J. M. E., 1896, p. 556 et suiv.