‹ François CoillardChapitre 164 sur 282 · Iveswick, 26 juillet · texte numérisé non relu

Iveswick, 26 juillet

362 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

aux pieds desquels je voudrais pouvoir m’asseoir? Le pain de Paris est célèbre. Quelquefois, pour changer, on préfère un pain plus grossier. Je n’ai que le pain sec du désert, si vous voulez que je le partage avec vous, soit ! Mais sachez-le bien d’avance, ce n’est pas le pain de Paris, et n’en soyez ni tristes ni désappointés. Ce qui me rassure, c’est qu’il ne s’agit que d’introduire le sujet, de sonder la source; d’autres en feront jaillir l’eau rafraîchissante et vivifiante, nous y puiserons ensemble et boirons à longs traits. A ce compte-là, je me rends et j’accepte. »

Paris, 16 novembre i8g6. — Retraite pastorale où j’ai parlé sur Jean xvn, ig. Je n’ai pas eu la liberté que j’eusse dû avoir. En rentrant chez moi, à la Maison des Missions, je trouvai mes bougies allumées, je n’en fus pas frappé. Au bout d’un moment, Théodore Monod, avec qui je parlais, saute de sa chaise et s’écrie : « Mais qu’est-ce donc que vous avez sur votre table? » Et mes yeux tombèrent sur un bronze magnifique, une tête de Christ que j’avais beaucoup admirée chez M. Édouard Sautter. Elle était là, don de tous les participants de la retraite pastorale, avec une lettre de dédicace signée par chacun : cc Pour le bien, disent-ils, que vous nous avez fait aujourd’hui et dans le passé. y> J’ai éprouvé une telle émotion que je n’ai pu que tomber à genoux et pleurer. Du bien ! moi qui suis si humilié! Que de recherche de moi-même, ô mon Dieu! Mais je veux croire que, de tout, il résultera du bien.

A Paris, les réunions succèdent aux réunions, les réceptions aux réceptions, Coillard est toujours poursuivi par le sentiment de son insuffisance.

22 novembre. — Grande réunion à la Rédemption. Louis

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