‹ François CoillardChapitre 168 sur 282 · EN SUISSE · texte numérisé non relu

EN SUISSE

où on se réunissait il y a quarante-cinq ans et où je parlai pour la première fois en public. Beaucoup de personnes étaient venues avant la réunion du soir, beaucoup vinrent le lendemain pour me voir. Oh ! quels cœurs chauds 1 M. Alex. Robert- San doz était là,

Neuchâtel , 8 avril i8gy. — Dîner chez M. Frédéric Godet, ce saint homme qui dit m’aimer et avoir prié pour moi. Oh ! quelle affection ! Quelle belle intelligence, toute illuminée de la grâce ! Avec lui je me sentais bien près du Seigneur. Il me demanda si je connaissais Andrew Murray. « Oui. » — « Eh bien, transmettez-lui mes amitiés chrétiennes. Je ne connais rien de plus beau que ses livres. Ce sont les hauteurs et les profondeurs de la vie chrétienne. On sent là une âme qui est en contact habituel et intime avec le Seigneur. Rien de plus admirable que son Commentaire sur les Hébreux. Oui, pour lui Christ est bien le Christ vivant. » Il me fit toutes sortes de questions. Je lui parlai de Ryle qui a été mon père spirituel et qui m’a béni et je lui demandai sa bénédiction. Alors, se levant, il adressa à Dieu, pour moi, une prière sublime. J’aurais voulu tout recueillir. Voici encore une perle : « Quand nous faisons le bien, nous ne savons pas tout le bien que nous faisons. Quand nous faisons le mal, nous ne savons pas tout le mal ([ue nous faisons. »

L’après-midi, réunion de dames. On offre à Coillard la Bible annotée ; puis grande soirée.

Ce sera un jour marquant de ma vie.

Désormais, il semble que la terreur que la Suisse lui inspirait ait disparu. Il va à Clarens, à Lausanne, à Vevey :

On a publié un article dans la Tribune cle Lausanne sur

F. COILLARD AU ZAMBÈZE

370 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

moi, où l’on dit ce que j’ai fait, ce que je suis et l’on ajoute que je n’ai ni la forme ni le talent oratoires. C’est ce qu’il y a de plus vrai.

A Yverdon, il estime que la réunion est manquée :

J’en suis sorti découragé, abattu. Et puis Dieu m’a mis en face de tout mon passé. Oh ! de quels abîmes sa grâce seule m’a sauvé.

Du 18 au 3o avril, Coillard avait un programme très chargé à Genève, puis il quitta la Suisse ce « cher pays 1 , où l’on a pris mon cœur d’assaut ». Il passa quelques jours à Paris, il parla entre autres à l’assemblée annuelle de la Société des Missions.

J’ai été dégoûté de moi-même. Et pourtant on m’a dit que mon discours avait fait beaucoup de bien. Dans un vase de terre, Dieu met ce qu’il veut.

Coillard repartit pour l’Angleterre où il séjourna du 12 mai au 19 juin.

« Le jubilé de la reine absorbe un peu tous les esprits2. O11 dit que l’on dépense tant d’argent à cette occasion que les œuvres religieuses en stHififrent. J’ai été horrifié, l’autre jour, en apprenant qu’on payait 125 francs des places sur un gradin pour voir passer le cortège; on me dit : <a Mais c’est une bagatelle. » Un de mes amis a loué une fenêtre pour 2.5oo francs environ, il insiste pour que je sois de la

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