UNE DOULEUR
U11 peu plus tard, il écrivait à M. Bianquis (26 octobre) :
« J’ai de la douleur au cœur, mais, j’espère, pas d’amertume. Du moins, je demande à Dieu de guérir l’une et de me préserver de l’autre par sa grâce. »
Peu avant le départ de Coillard, le Comité enrôla, pour le Zambèze, deux hommes également désirés : un missionnaire français, M. Jacques Liénard et un docteur1, de nationalité suisse, M. Roderich de Prosch.
Coillard avait enfin les hommes, il avait aussi les fonds nécessaires et il pouvait écrire 2 :
« Dieu m’a rendu le calme et la sérénité. Que de scories encore dans ma foi ! Est-ce étonnant que mon Dieu la fasse passer au creuset? Je refais mes classes à l’école de l’Homme de douleur, et la leçon à laquelle je me casse la tête maintenant, c’est celle que Paul savait déjà : Phil. iv, 1 1 - 1 4- Ah! ce « Je puis tout par Christ qui me fortifie! » Pouvoir être content de tout, être humilié, être dans l’abondance, être rassasié et aussi avoir faim! Elle est difficile cette leçon-là, il faut l’apprendre aux pieds de Jésus. »
Après un séjour en Angleterre et un en Suisse, Coillard revint à Paris où, le dimanche 20 novembre, une réunion d’adieux eut lieu à l’Oratoire.
Tout le monde a bien parlé, excepté moi. J’ai dit tout, sauf ce que j’aurais voulu dire. Et penser qu’on était venu
1. « La question du docteur ne se pose pas, elle s’impose », écrivait Coillard au Comité, le 28 septembre 1898.